Les bacs pro sont-ils sacrifiés sur Parcoursup ?

En 2025, plus de 116 000 élèves de la voie professionnelle ont tenté leur chance sur Parcoursup, mais les chiffres révèlent une inégalité flagrante face aux filières générales.
bacpro parcoursup

Un algorithme qui fait durer le suspense

Si on est en terminale pro, on a sans doute remarqué que les potes en filière générale reçoivent leurs réponses bien avant nous. Ce n’est pas qu’une impression : un bachelier professionnel attend en moyenne 5,6 jours pour sa première proposition. C’est trois fois plus long que pour un profil général. Ce délai crée un stress énorme pour des milliers de jeunes qui voient les places s’envoler sous leurs yeux alors qu’ils sont tout aussi motivés.

Le problème vient souvent des critères de sélection. Les commissions d’examen des vœux privilégient encore trop souvent les résultats académiques purs, au détriment des compétences pratiques acquises en stage. Résultat ? Les dossiers « atypiques » finissent souvent en bas de la pile, même quand l’élève a déjà un pied dans le monde du travail. Comme le souligne Jérôme Teillard, chef de projet de la plateforme, le système reflète ici une faille de notre société.

« Les bacs pro méritent les mêmes chances, mais le système actuel ne leur permet pas toujours de les saisir. »

La guerre des places en BTS

Le BTS, c’est normalement le jardin des bacs pro. Pourtant, même là, on se bouscule au portillon. En 2025, plus de 101 000 candidats pro ont confirmé au moins un vœu en BTS. Mais la réalité est brutale : ces formations sont de plus en plus convoitées par des bacheliers généraux ou technologiques qui cherchent un cadre plus rassurant.

  • Des quotas insuffisants : Malgré les places réservées, la saturation est réelle dans certaines académies.
  • Un taux d’échec inquiétant : En licence, seuls 4,2 % des bac pro décrochent leur diplôme en trois ans.
  • Une concurrence rude : Les filières sélectives préfèrent parfois la « sécurité académique » d’un bac général.

Cette situation pousse de nombreux élèves à l’abandon pur et simple. Quand on voit que 80 % des bac pro reçoivent une proposition contre 96 % des généraux, on comprend que le fossé est loin d’être comblé. Pour beaucoup, c’est un sentiment de discrimination qui s’installe, malgré une envie de réussir de plus en plus forte chez ces jeunes qui, à 17 ans, ne rêvent plus forcément d’aller directement à l’usine.

L’apprentissage : la seule vraie bouffée d’oxygène ?

La seule bonne nouvelle dans ce tableau un peu sombre, c’est l’explosion de l’apprentissage. On est passé de 2 600 formations en alternance en 2018 à plus de 10 000 aujourd’hui sur la plateforme. Pour beaucoup, c’est la voie royale pour éviter de rester sur le carreau tout en touchant un salaire. C’est d’ailleurs ce qui booste le nombre d’inscriptions de bacheliers pro sur la plateforme chaque année.

Mais attention, ce succès est fragile. Si les aides aux entreprises diminuent, les places en alternance pourraient fondre comme neige au soleil. Les syndicats comme le Snuep-FSU et le Snetaa-FO tirent déjà la sonnette d’alarme : sans un vrai renforcement des matières générales dès la première année de BTS, la transition reste un gouffre. Nos techniciens sont bons, mais ils manquent parfois d’armes en français ou en maths pour tenir sur la durée.

« On a des savoir-faire techniques incroyables grâce à nos stages, mais on nous juge sur des matières qu’on a moins bossées. »

Pour l’instant, Parcoursup reste le miroir d’un enseignement supérieur qui n’a pas encore totalement intégré les profils pro. Certains proposent même de sortir ces élèves de la plateforme pour leur garantir une place en proximité, hors compétition. En attendant, la question reste entière : comment offrir une vraie égalité des chances sans créer de nouvelles barrières ?

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