Le verdict du SIES (Ministère de l’Enseignement supérieur) est tombé : la compétition pour le Bac+5 n’a jamais été aussi rude. En 2025, le taux d’échec a grimpé, laissant 32 % des candidats sans aucune proposition d’admission. Pour s’en sortir, les étudiants multiplient les vœux (10,6 en moyenne) et ciblent de plus en plus l’alternance, dont la demande progresse plus vite que la voie classique.
Top 20 des mentions : le poids lourd des candidatures
Si certaines filières affichent des volumes de vœux vertigineux, c’est souvent parce qu’elles regroupent un grand nombre d’établissements sur tout le territoire. Les mentions MEEF et l’Informatique dominent largement le paysage universitaire français.
| Mention de Master | Nb Formations | Nb Candidatures |
|---|---|---|
| MEEF 1er degré | 169 | 129 600 |
| Informatique | 218 | 124 879 |
| Droit des affaires | 155 | 100 812 |
| MEEF 2nd degré | 856 | 100 094 |
| Psychologie | 113 | 79 427 |
| Droit privé | 86 | 68 084 |
| Banque, Finance, Assurance | 90 | 61 082 |
| Marketing / Vente | 131 | 58 437 |
| Comptabilité, Contrôle, Audit | 76 | 57 034 |
| Finance | 62 | 54 502 |
L’attractivité du Droit des affaires ne faiblit pas, portée par des débouchés massifs en entreprise et en cabinet. À l’inverse, la Psychologie, bien que 5ème en volume, reste l’une des filières les plus piégeuses en raison d’un nombre de places très limité par rapport à la masse de postulants.
Où se cachent les étudiants ?
Le match se joue principalement entre les Sciences Humaines et l’Économie-Gestion. Ces deux blocs captent à eux seuls plus de 60 % des intentions de poursuite d’études en France.
- Sciences humaines et sociales : 32,1 % des candidats (Psychologie, Socio, Com’).
- Économie, gestion et AES : 31,4 % des candidats (Management, RH, Finance).
- Sciences fondamentales et appliquées : 29 % des candidats (Info, Maths, Physique, STAPS).
- Droit et Sciences Politiques : 22,4 % des candidats.
- Lettres, Langues et Arts : 18,2 % des candidats.
« La valorisation des compétences de gestion est de plus en plus marquée. Une majorité d’étudiants viennent avec l’objectif de se former en gestion de projets », analyse Aline Pereira Pündrich, responsable à l’EM Strasbourg.
Les mentions « entonnoirs »
Le volume de candidatures ne dit pas tout. La vraie difficulté réside dans le ratio candidats/places. En 2025, certaines spécialités très pointues sont devenues quasi inaccessibles pour ceux qui n’ont pas un dossier parfait.
| Mention ultra-sélective | Particularité 2025 |
|---|---|
| Droit de l’homme | 1 680 candidats pour seulement 50 places (2 formations). |
| Cybersécurité | 1 780 demandes pour seulement 4 cursus en France. |
| Neuropsychologie | 1 753 candidats pour 85 places disponibles. |
| Droit civil | Plus difficile que le Droit fiscal (moins de places par formation). |
Pour l’IA, l’aéronautique ou la gestion des risques, on dépasse souvent les 25 candidats pour une seule place. La stratégie des étudiants évolue donc : 61 % des candidats sont des femmes, et elles s’avèrent plus prudentes en confirmant légèrement plus de vœux que les hommes pour sécuriser leur parcours.
L’essor du numérique et de la santé publique (post-crise sanitaire) booste également des mentions comme la Data Science ou la Santé Connectée, où l’alternance devient le standard d’insertion professionnelle. En 2025, 144 900 candidats ont fini par accepter définitivement une proposition, laissant des milliers d’autres sur le carreau ou en phase complémentaire.
« On préférera un candidat avec des notes un peu plus faibles mais un projet réfléchi qui prouve qu’il s’est renseigné sur la formation », rappelle Cindy Carrein-Lerouge de l’Université de Rouen.
















