Paris et les métropoles en première ligne
Si vous pensiez que seules les campagnes étaient menacées, détrompez-vous. C’est en milieu urbain que le choc pourrait être le plus brutal. Le ministre pointe du doigt un maillage d’écoles trop dense face à une natalité en berne. Le constat est sans appel pour la capitale et certaines zones urbaines.
- Paris : Le record absolu avec une perte prévue de 30 % de ses élèves en dix ans.
- Versailles : Une baisse de 7,4 % déjà anticipée dans le second degré.
- Martinique : Un recul massif de 21,3 % pour les collèges et lycées.
- À contre-courant : Seules la Guyane (+5,3 %) et Mayotte (+6,2 %) voient leurs effectifs grimper.
« On ne fermera aucune école sans l’accord du maire l’année prochaine, mais compte tenu de ces chiffres, ce principe va devoir évoluer », prévient Édouard Geffray dans les colonnes du Parisien.
Le premier degré : 933 000 cartables en moins
C’est l’école primaire qui prend la foudre de plein fouet. Avec un indice de fécondité qui devrait stagner à 1,5 enfant par femme d’ici 2030, les maternelles et élémentaires vont perdre plus de 15 % de leurs effectifs. Pour le ministre, maintenir toutes les structures actuelles serait « repousser les ennuis » pour les futurs gouvernements.
Dans les territoires ruraux, la solution semble déjà toute trouvée : multiplier les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). En clair, on fusionne les classes de plusieurs villages pour éviter les classes uniques ou les fermetures sèches.
Suppression de postes : le « faux alibi » dénoncé par les profs
Évidemment, cette « boussole démographique » ne passe pas du tout auprès des syndicats. Pour eux, l’équation est simple : moins d’élèves devrait signifier des classes moins chargées, et non moins de profs. La tension monte alors que 4 000 suppressions de postes sont déjà prévues pour la rentrée 2026.
- Snes-FSU : Sophie Vénétitay refuse que la démographie serve d’alibi pour couper dans les budgets.
- SNUipp-FSU : Aurélie Gagnier plaide pour un redéploiement vers l’enseignement spécialisé (RASED).
- Le défi du recrutement : Il faudra tout de même remplacer 300 000 professeurs partant à la retraite d’ici 2030.
Le ministre a fixé une date clé : le 21 avril prochain. Ce sera la première grande réunion avec les syndicats pour tenter de désamorcer la bombe. Entre la nécessité de s’adapter aux chiffres et l’exigence de maintenir une école de proximité, le gouvernement avance sur une ligne de crête très étroite.
















