Un doctorant jugé pour apologie du terrorisme à Orléans

Le campus de La Source est sous le choc. Ce qui devait être l’aboutissement de six années d’études en droit privé a tourné au fiasco judiciaire. Un doctorant iranien de 36 ans, Mohammad Javad Saeli, se retrouve aujourd’hui dans le viseur de la justice pour apologie du terrorisme et menaces envers la direction de l’établissement.
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Tout a basculé le 27 mars dernier. Alors qu’il s’apprête à soutenir sa thèse, le candidat décide, contre toute attente, de dédicacer son travail à l’ayatollah Ali Khamenei. Le ton monte rapidement lorsque le directeur de thèse lui demande de se recentrer sur son sujet juridique. Refus catégorique du doctorant qui s’obstine à multiplier les références religieuses et politiques, forçant le jury à interrompre définitivement la séance.

De la fac de droit à la garde à vue

Mais l’histoire ne s’arrête pas à une simple soutenance ratée. Dans les jours qui ont suivi, Mohammad Javad Saeli aurait franchi plusieurs lignes rouges, poussant l’université à effectuer un signalement au parquet dès le 2 avril.

  • Menaces directes : Sur LinkedIn, il a prévenu le président de l’université d’un « châtiment divin » imminent.
  • Mail aux étudiants : Suspendu, il a contacté ses élèves en travaux dirigés (TD) en se présentant comme « la Parole divine » et en appelant à la résistance.
  • Contenus en ligne : Ses publications sont désormais qualifiées de « provocation directe à un acte de terrorisme en ligne ».

« Dans le cas contraire, nous nous réfugions en Dieu, et vous adressons un avertissement explicite : un châtiment proche vous saisira, une promesse qui ne sera pas démentie. Craignez le châtiment du Seigneur de l’Univers et le Jour du Jugement. »

Un profil qui inquiète les autorités

L’enseignant-chercheur, qui n’avait jamais fait parler de lui auparavant, semble avoir radicalement changé de comportement suite au conflit au Moyen-Orient. Interpellé le 8 avril et placé en garde à vue, il a été déféré devant le parquet ce vendredi. La procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, a requis son placement en détention provisoire en attendant son procès.

Les chefs d’accusation qui pèsent sur lui sont lourds :

  • Provocation directe et apologie publique d’actes de terrorisme en ligne.
  • Divulgation d’informations personnelles exposant une personne à un risque.
  • Actes d’intimidation sur une personne chargée d’une mission de service public.

De son côté, l’Université d’Orléans tente de maintenir le calme sur ses campus. L’établissement a précisé que la sécurité des 20 000 étudiants reste la priorité absolue. « Des mesures adaptées ont été prises en coordination avec les forces de l’ordre », assure la direction, alors que l’université rappelle son attachement à l’accueil des étudiants étrangers (14 % de ses effectifs).

Le procès en comparution immédiate est prévu ce lundi 13 avril devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Toutefois, une grève des avocats pourrait perturber le calendrier judiciaire et repousser l’audience, laissant l’enseignant derrière les barreaux sous mandat de dépôt si le juge accède aux réquisitions du parquet.

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