C’est une histoire complètement folle qui ressemble à s’y méprendre à un scénario de fiction. Florent Montaclair, professeur agrégé de lettres en Franche-Comté, vient d’être affecté au sein d’un lycée de Belfort après avoir été banni de l’enseignement supérieur. En effet, cet enseignant s’était auto-attribué une prestigieuse distinction internationale qu’il avait entièrement fabriquée de toutes pièces, provoquant un séisme judiciaire et médiatique.
La « gigantesque supercherie » de la médaille d’or de philologie
Tout commence en 2016 lors d’une cérémonie officielle organisée dans les salons de l’Assemblée nationale. Florent Montaclair, alors enseignant à l’Inspé rattaché à l’université de Besançon, bombarde le public et la presse en annonçant qu’il décroche la « médaille d’or de philologie ». Cette récompense est alors présentée comme l’équivalent strict d’un prix Nobel pour la science du langage. Pourtant, la réalité s’avère bien plus trouble.
En creusant le dossier, des enquêtes journalistiques — d’abord menées par des confrères roumains — révèlent que cette fameuse « Société internationale de philologie » n’est qu’un site internet minimaliste créé par le professeur lui-même. Pire encore, la précieuse médaille avait été commandée directement auprès d’un joaillier parisien pour la modique somme de 250 euros. Une mystification à grande échelle qui a poussé l’université à saisir la justice pour faux, usage de faux, escroquerie et usurpation de titre.
Une histoire à dormir debout, menée par un enseignant qui s’est inventé un parcours de dimension internationale. — Le parquet de Montbéliard
Du grand amphithéâtre au lycée : un rebondissement qui passe mal
Placé sous le coup d’une procédure disciplinaire définitive, l’intéressé s’est vu signer une interdiction stricte d’exercer toute fonction d’enseignement ou de recherche au sein d’un établissement public d’enseignement supérieur. Cependant, le statut de fonctionnaire de l’Éducation nationale protège son poste. Par conséquent, il a automatiquement réintégré les effectifs du secondaire et a été affecté au lycée Condorcet de Belfort.
Cette réaffectation soudaine a immédiatement enflammé les réseaux sociaux et provoqué la colère de ses nouveaux collègues. De surcroît, les premiers emplois du temps prévoyaient qu’il prenne en charge une classe de BTS. Face au tollé provoqué par cette décision, le rectorat a rapidement rétropédalé pour rassurer l’équipe pédagogique et les familles :
- L’enseignant ne se retrouvera finalement pas directement devant les élèves.
- Il est assigné à des missions de remplacement strictes sans contact direct avec une classe.
- Un processus d’évaluation interne est en cours pour statuer définitivement sur son cas administratif.
L’intéressé, de son côté, s’est défendu avec pragmatisme en déclarant qu’il se rendait simplement là où sa hiérarchie lui ordonnait d’enseigner. Alors que la procédure judiciaire suit son cours et qu’il risque gros pour escroquerie, ce rebondissement rocambolesque relance le débat sur la gestion des sanctions disciplinaires au sein de la fonction publique.







