Juan Branco : procès pour viol requis par le parquet de Paris

Après cinq années d’instruction judiciaire, l’avocat Juan Branco se rapproche du banc des accusés : le parquet de Paris réclame officiellement son renvoi devant une cour criminelle départementale pour le viol d’une étudiante survenu en 2021.
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Le couperet judiciaire vient de tomber pour l’une des figures les plus clivantes du barreau parisien. Après cinq ans d’une instruction sous haute tension médiatique, le parquet de Paris a requis le renvoi de l’avocat et essayiste Juan Branco devant une cour criminelle départementale. En cause : des accusations de viol portées par une étudiante en sciences politiques, alors âgée de 20 ans, pour des faits survenus au printemps 2021.

Révélée par Libération et Le Parisien avant d’être confirmée par l’AFP, cette prise de position du ministère public constitue une étape charnière. Si le juge d’instruction doit encore trancher sur l’ouverture effective du procès, le réquisitoire définitif valide la solidité des charges réunies contre l’auteur du pamphlet Crépuscule.

Une nuit de printemps 2021 au cœur de l’accusation

Les origines de la procédure remontent à fin avril 2021. Après des échanges initiaux sur Instagram et une rencontre au jardin du Luxembourg, la plaignante, prénommée Marie (le prénom a été modifié), s’était rendue au domicile de l’avocat dans le quartier Montparnasse. Selon sa déposition auprès des services de police, l’homme lui aurait fait consommer un médicament à base d’opium avant de lui imposer un rapport sexuel non consenti alors qu’ils regardaient un film sur un lit.

Dans ses réquisitions datées du 6 août 2026, le parquet met en exergue des éléments particulièrement accablants pour la défense :

  • Des propos inchangés : Le magistrat souligne les déclarations « constantes » de la victime au fil de ces cinq années de procédure.
  • La vulnérabilité de la victime : Le ministère public relève l’admiration que portait l’étudiante envers la personnalité publique, accentuant son isolement face à lui.
  • Un état de choc : Le parquet note que le mis en examen a profité d’un « contexte d’intimidation et d’épuisement forcé » malgré de « multiples refus », plongeant la jeune femme dans un état de sidération totale.
  • Des pressions extérieures : Les enquêteurs ont également relevé les pressions exercées sur la plaignante par l’intermédiaire des réseaux sociaux du militant.

« C’est un immense soulagement pour notre cliente, après cinq années d’une procédure judiciaire harassante. Nous espérons très sincèrement qu’elle mettra un terme au comportement de toute-puissance complètement hors de contrôle du mis en examen. »

Cette réaction, transmise à l’AFP par Mes Nicolas Paganelli et Charlie-Elie Martin, les avocats de Marie, illustre la longue bataille menée par la jeune femme depuis sa première déposition au commissariat du 14e arrondissement.

Deux non-lieux requis et la contre-attaque de la défense

Cependant, le dossier ne se résume pas à cette seule affaire. Juan Branco faisait également l’objet de poursuites concernant deux autres femmes, Charly et Joséphine, qui dénonçaient respectivement un viol commis en 2017 sous emprise et une agression sexuelle. Sur ces deux volets, le ministère public a toutefois requis un non-lieu, estimant que les faits n’étaient pas suffisamment corroborés par des éléments matériels ou que le doute devait profiter au mis en examen.

Cette distinction n’a pas manqué de provoquer l’indignation de Me Fanny Vial, l’avocate des deux plaignantes écartées, qui déplore un traitement judiciaire décevant et un « manque de sérieux flagrant » au regard de la lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, Juan Branco maintient une ligne de défense offensive. L’avocat nie catégoriquement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et dénonce une machination :

« Ce réquisitoire a été signé après cinq ans de frénétiques recherches d’autres plaignantes demeurées vaines, afin de sauver un dossier vide. »

Par la voix de son conseil Me Luc Brossollet, il critique vertement les motivations du parquet, allant jusqu’à évoquer un calendrier dicté par l’agenda politique à l’approche de futures échéances électorales.

Une carrière rythmée par les scandales judiciaires

Ce renvoi potentiel s’inscrit dans un parcours personnel et professionnel particulièrement mouvementé. Qu’il s’agisse de ses démêlés politiques internationaux — comme lors de l’épisode où Juan Branco s’est retrouvé incarcéré et hospitalisé au Sénégal — ou de l’affaire de la sextape de Benjamin Griveaux en 2020 aux côtés de Piotr Pavlenski, le trentenaire s’est souvent retrouvé au centre de tempêtes médiatiques.

En effet, son attitude virulente au cours de l’instruction — caractérisée notamment par la diffusion publique sur le web de procès-verbaux d’auditions et d’extraits confidentiels de la procédure — lui a coûté une suspension de neuf mois de son exercice professionnel en octobre 2025. Bien qu’il ait repris sa robe depuis, une seconde procédure disciplinaire réclamant 18 mois d’interdiction supplémentaire reste en suspens.

Désormais, la balle est dans le camp du magistrat instructeur. Il lui revient de valider ou non ces réquisitions pour ordonner officiellement le procès qui pourrait conduire l’avocat de 37 ans devant les magistrats de la cour criminelle.

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