Paul Antony, mieux connu sous le pseudonyme de PA7, vient d’être libéré ce vendredi 9 août 2024 après avoir purgé une partie de sa peine de cinq ans de prison. Cet ancien influenceur, célèbre sur les réseaux sociaux, avait été condamné pour avoir orchestré une vaste fraude aux aides Covid en France. Cette affaire a attiré l’attention du public non seulement en raison de l’ampleur de l’escroquerie, mais aussi à cause de la personnalité flamboyante de PA7, qui a utilisé sa popularité pour commettre ses méfaits.
Une escroquerie bien huilé
Tout a commencé en mars 2020, lors de la mise en place des aides financières pour les entreprises impactées par la pandémie de Covid-19. Paul Antony a vu dans ce dispositif une opportunité de se livrer à une fraude massive. Utilisant son influence sur les réseaux sociaux, il a recruté des individus pour soumettre des demandes d’aide au fonds de solidarité en utilisant des informations falsifiées. Il ciblait principalement des autoentrepreneurs et des indépendants, qu’il contactait par le biais de messages et de publicités sur des plateformes comme Snapchat.
Le plan était simple mais efficace : créer de fausses entreprises et soumettre des demandes d’indemnisation en gonflant artificiellement le chiffre d’affaires de l’année précédente. Les autorités, submergées par les demandes légitimes, ont initialement versé des millions d’euros à ces fausses entités. Selon les enquêteurs, PA7 aurait déposé près de 700 demandes frauduleuses, réclamant un total de 33,8 millions d’euros, dont 7,5 millions auraient effectivement été versés par l’État. Grâce à une commission d’environ 40 %, PA7 aurait empoché plus de 3 millions d’euros.
La condamnation et l’appel
Arrêté à Dubaï en juillet 2021, PA7 a été extradé vers la France où il a été jugé. En première instance, il a été condamné à sept ans de prison et à une amende de 80 000 euros pour escroquerie et blanchiment d’argent en bande organisée. De plus, il a reçu une interdiction définitive de gérer une entreprise et une peine d’inéligibilité de cinq ans. Lors de l’appel, la cour a réduit sa peine à cinq ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, tout en limitant l’interdiction de gérer une entreprise à dix ans. Cette décision a été vue comme une tentative d’équilibrer justice et réhabilitation.
La fraude orchestrée par PA7 n’a pas seulement coûté des millions à l’État français, mais a également mis en lumière les failles du système de distribution des aides d’urgence. Cette affaire a incité les autorités à renforcer les contrôles sur les demandes d’aide et à instaurer des mesures pour éviter de futures fraudes à grande échelle. Le ministère de l’Économie a mis en place des contrôles systématiques pour toutes les entreprises recevant des aides significatives, ce qui a mené à la détection de milliers de dossiers potentiellement frauduleux.
PA7 (Paul Antony), L’escroc aux aides Cov*d film sa sortie de prison à Nanterre.
— 75 Secondes 🗞️ (@75secondes) August 10, 2024
Il est lié à près de 700 demandes frauduleuses, pour 33,8 millions d'euros réclamés et 7,5 millions effectivement versés par l'Etat entre mars 2020 et juillet 2021.
Il avait été arrêté en juillet… pic.twitter.com/En2B1HrbMj