Noisy-le-sec, le quotidien des habitants d’une tour de 18 étages

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À Noisy-le-Sec, une ville de la Seine-Saint-Denis, les habitants d’une tour de 18 étages vivent un véritable calvaire depuis plusieurs semaines. Les deux ascenseurs de leur immeuble sont hors service, les laissant sans aucune solution de transport vertical, ce qui transforme leur quotidien en une épreuve constante.

Une situation intenable pour les résidents

Depuis le 31 juillet, les locataires de cette tour HLM, située dans le quartier du Londeau, sont confrontés à une situation d’urgence. Les pannes d’ascenseur sont devenues monnaie courante dans cet immeuble, mais cette fois-ci, la double panne a plongé les résidents dans une crise sans précédent. Parmi les locataires, on trouve des personnes âgées, des familles avec de jeunes enfants, et même des femmes enceintes, pour qui l’absence d’ascenseur est particulièrement éprouvante.

Khira, une résidente du 18e étage enceinte de son troisième enfant, décrit sa situation comme un véritable cauchemar :

Je suis cloîtrée chez moi, je ne peux pas monter et descendre 18 étages. À tout moment, je peux accoucher, et j’ai peur de me retrouver à devoir descendre les escaliers en urgence.

Pour elle, comme pour de nombreux autres habitants, l’impossibilité de sortir facilement de chez soi génère une angoisse permanente, exacerbée par la chaleur de l’été qui rend les appartements encore plus insupportables.

Des conditions de vie dégradées

Les habitants de la tour se retrouvent contraints de limiter drastiquement leurs activités quotidiennes. Faire les courses, sortir prendre l’air ou tout simplement se rendre à un rendez-vous médical sont devenus des défis insurmontables. Pour ceux qui souffrent de problèmes de santé, comme le père d’Amin, 18 ans, habitant au 16e étage, la situation est encore plus dramatique.

Mon père a des problèmes cardiaques. Monter 16 étages à pied, c’est du suicide. Même pour faire les courses, on ne sait pas comment on va s’en sortir.

Les habitants ont dû adapter leur mode de vie à ces circonstances exceptionnelles. Leila, qui vit au 14e étage, explique comment sa famille a dû changer ses habitudes alimentaires :

Pendant une semaine, on n’a mangé que des pâtes ou du riz, parce qu’on ne peut pas se permettre de faire de grosses courses. On ne peut plus acheter de packs de bouteilles, on boit l’eau du robinet, et on a arrêté les boissons sucrées.

Cette restriction des achats est une réalité pour de nombreux résidents, qui préfèrent éviter les allers-retours trop fréquents dans les escaliers.

Une réponse inadéquate du bailleur

Face à cette situation, les habitants se sentent abandonnés par leur bailleur, LogiRep. Malgré de nombreuses tentatives de contact, les locataires déplorent l’absence de réponses claires et d’actions concrètes. Une affiche placardée devant les ascenseurs promet que « tout est mis en œuvre pour régler la problématique dans les meilleurs délais », mais pour les résidents, ces mots sonnent creux.

J’ai appelé plein de fois sans réponse. D’habitude, il y a des pétitions, des choses qui se mettent en place, mais comme c’est les vacances et que les gens sont partis, ils ne sont pas pressés d’arranger les choses.

La seule mesure mise en place par le bailleur consiste à dépêcher un agent quelques heures par jour pour aider les locataires à monter leurs courses. Cependant, cette assistance limitée ne satisfait pas les habitants. Maïssa, qui habite au 16e étage, s’indigne : « C’est sympa, mais on ne va pas se calquer sur ses horaires. Si je dois faire mes courses après le travail, comment je fais ? » Pour elle et ses voisins, cette aide est loin d’être suffisante pour compenser l’absence prolongée des ascenseurs.

L’incertitude face à la rentrée scolaire

Alors que la rentrée scolaire approche, l’inquiétude grandit parmi les familles. La nécessité de se déplacer plus fréquemment, notamment pour accompagner les enfants à l’école, s’annonce comme un nouveau défi insurmontable pour les résidents.

On limite nos sorties, mais avec la rentrée qui arrive, je ne sais pas comment on va faire.

Pour les parents, la perspective de devoir monter et descendre des dizaines d’étages chaque jour est une source d’anxiété supplémentaire.

Cette situation, qui dure maintenant depuis plusieurs semaines, souligne le manque d’efficacité et de réactivité du bailleur face à des pannes récurrentes qui mettent en danger le bien-être des locataires. Les habitants de la tour de la rue Paul-Verlaine à Noisy-le-Sec espèrent que la fin des vacances marquera également la fin de ce calvaire, mais pour l’instant, ils restent dans l’incertitude et la frustration, attendant désespérément une résolution rapide à leur problème.

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