Jordan Bardella, emploi fictif et faux documents

jordan bardela faux documents

Jordan Bardella, actuel président du Rassemblement National (RN), est soupçonné d’avoir participé à un système d’emplois fictifs alors qu’il occupait un poste d’assistant parlementaire au Parlement européen en 2015. Les révélations sur cette affaire sont venues d’une enquête du journal Libération, publiée en septembre 2024, affirmant que Bardella aurait fourni de faux documents pour justifier son travail à l’époque où il était l’assistant de l’eurodéputé Jean-François Jalkh. Bien que ce dernier ait été employé à mi-temps, selon l’enquête, il est suspecté d’avoir passé une grande partie de son temps à travailler pour le Front National (FN), aujourd’hui RN, et non sur les missions parlementaires attendues.

Les accusations de faux documents

Selon le journaliste Tristan Berteloot, Bardella aurait participé à la fabrication de documents antidatés en 2018, tels que des agendas et des revues de presse censés prouver son travail en tant qu’assistant parlementaire. Un agenda de 2015 aurait été rempli après coup pour faire apparaître des événements liés à son activité supposée au Parlement européen. Ces faux documents auraient été réalisés dans un effort de camoufler un emploi fictif, une stratégie révélée par un ancien stagiaire qui aurait collaboré à la création de ces preuves.

Pourquoi Jordan Bardella n’est-il pas jugé ?

Alors que 27 membres ou ex-membres du RN sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris à partir du 30 septembre 2024 pour cette affaire d’emplois fictifs, Jordan Bardella ne fait pas partie des prévenus. Il n’a pas été convoqué par les juges ou les enquêteurs, ces derniers ayant jugé que son cas ne représentait pas un préjudice assez significatif pour justifier une poursuite. Le montant total de sa rémunération en tant qu’assistant parlementaire, évalué à 10 444 euros, est relativement faible en comparaison des millions d’euros détournés par d’autres membres du parti, selon les accusations. Libération rapporte que cette omission dans le procès visait à ne pas alourdir un dossier déjà conséquent, bien que les preuves contre Bardella aient été soulignées dans l’enquête journalistique.

La défense de Bardella et du RN

Face aux accusations, Jordan Bardella a fermement nié les faits, les qualifiant de fausses et diffamatoires. Il a insisté sur le fait que ni le Parlement européen ni la justice française n’avaient trouvé d’irrégularité dans son travail d’assistant parlementaire à l’époque. Il a également affirmé qu’aucun justificatif concernant son emploi n’avait été demandé par les enquêteurs. Son parti, le RN, le soutient en précisant que Bardella a toujours travaillé dans le respect des règlements du Parlement européen et de la législation française. Le RN parle également d’une tentative de déstabilisation à l’approche du procès des cadres du parti.

L’affaire des assistants parlementaires du RN porte sur un vaste système de détournement de fonds publics, dans lequel des assistants parlementaires européens auraient en réalité travaillé pour le compte du parti et non pour les missions parlementaires pour lesquelles ils étaient rémunérés. Le Parlement européen estime à 6,8 millions d’euros le préjudice causé par ces pratiques. Parmi les prévenus figurent Marine Le Pen, Louis Aliot, et d’autres figures importantes du RN. Ces accusations pourraient entraîner des peines sévères, dont des peines d’emprisonnement, des amendes, et des peines d’inéligibilité.

Bien que Jordan Bardella échappe pour l’instant à ce procès, les révélations concernant son implication ajoutent une dimension complexe à la gestion de la crise au sein du RN, surtout à l’approche des futures échéances électorales. Son implication, même indirecte, dans cette affaire pourrait affecter son image politique, bien qu’il ne soit pas encore juridiquement mis en cause.

Actualités

Abonne toi à la Newsletter

Acquisition > Newsletter : Sidebar