Un cours de sport qui vire au drame national
L’histoire remonte au 1er décembre 2020, mais l’émotion reste intacte en Haute-Savoie. Baptiste, un collégien de 12 ans souffrant d’une pathologie cardiaque grave, s’est effondré alors qu’il effectuait des tours de piste. Malgré une dispense médicale en règle et une interdiction stricte de pratiquer le sport, l’adolescent participait à l’épreuve d’endurance de son collège.
L’enquête a révélé que le jeune garçon était atteint d’une hypertrophie du myocarde depuis sa naissance. Transféré en urgence absolue vers l’hôpital de Genève, Baptiste est décédé le lendemain. Ce mardi, le tribunal correctionnel a tranché : l’enseignant écope de 18 mois de prison avec sursis et d’une amende de 5 000 euros, une peine légèrement inférieure aux deux ans requis par le procureur.
« Entre deux portes » : la défense fragile de l’enseignant
À la barre, le professeur de 58 ans, qui ne travaille plus depuis l’accident, a maintenu sa version des faits. S’il a reconnu avoir été informé « entre deux portes » par l’élève d’un petit problème cardiaque, il a affirmé avoir totalement ignoré l’existence d’une dispense officielle. Pour lui, Baptiste lui avait assuré pouvoir « courir en adaptant son effort ».
L’enseignant a pointé du doigt les failles du système numérique Pronote, qu’il juge peu intuitif. « Le professeur était le coupable idéal, l’Éducation nationale est totalement absente », a martelé son avocate, Me Mathilde Reboux. Pour la défense, il y a eu un bug majeur dans la transmission de l’information entre l’administration et les profs de terrain. Insatisfait du jugement, l’enseignant a immédiatement annoncé son intention de faire appel.
La colère des parents : l’État dans le viseur
Pour Xavier Ledoux et Mélanie Jacques, les parents de Baptiste, le verdict est amer. « Qui peut se contenter d’une peine aussi faible ? C’est très peu payé pour la mort d’un gamin de 12 ans », a réagi le père à la sortie de l’audience. Pour la famille, le combat judiciaire ne fait que commencer. Ils ne comptent pas en rester là et visent désormais l’institution elle-même.
L’avocat de la famille, Me Hervé Gerbi, a confirmé qu’une action en responsabilité contre l’État allait être lancée. L’objectif est clair : dénoncer la « chaîne de laxisme » et le manque de communication qui ont conduit à ce drame évitable. Les parents espèrent que ce dossier servira d’électrochoc pour que la protection des élèves malades devienne une priorité absolue dans les écoles.
- 18 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour le professeur.
- Le professeur fait appel, se considérant comme un « bouc émissaire ».
- Les parents lancent une procédure contre l’Éducation nationale.
- Une pathologie cardiaque connue mais non prise en compte sur le terrain.








