Une interpellation attendue au commissariat de Nice
C’est un nouveau tournant dans l’affaire qui a secoué la sphère du streaming français. Ce mardi matin, aux alentours de 10 heures, les deux hommes surnommés « Naruto » et « Safine » ont été convoqués et immédiatement placés en garde à vue par le Service Local de Police Judiciaire (SLPJ) de Nice. Si vous avez suivi le drame cet été, vous savez que ces deux individus étaient omniprésents aux côtés de Jean Pormanove lors de ses derniers instants en direct.
Selon le communiqué du procureur de Nice, Damien Martinelli, les chefs d’accusation sont lourds. On parle ici de « violences en réunion », de « violences en réunion sur mineurs » et d’« abus de faiblesse ». Les deux complices du streameur pourraient rester entre les mains des enquêteurs pendant une durée de 48 heures, soit jusqu’à ce jeudi 29 janvier 2026. L’objectif ? Faire toute la lumière sur les méthodes de ce groupe d’influenceurs niçois.
L’ombre de Mediapart et des dérives de la plateforme Kick
Il est crucial de comprendre que cette procédure ne concerne pas directement les causes de la mort de Jean Pormanove. Souvenez-vous, le 18 août dernier, le streameur s’éteignait en plein live après 298 heures de diffusion ininterrompue. Si l’autopsie a révélé que son décès n’était pas d’origine traumatique, la justice n’en a pas fini pour autant avec son entourage. L’enquête qui nous occupe aujourd’hui a été lancée bien avant le drame, dès décembre 2024.
À l’époque, une enquête de Mediapart avait mis en lumière un système particulièrement malsain. Des vidéos diffusées sur Kick montraient des personnes vulnérables humiliées et violentées en échange de dons de la part des spectateurs. Voici ce que reproche concrètement la justice aux deux streameurs :
- Provocation publique à la haine ou à la violence en raison du handicap.
- Violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables.
- Diffusion d’images relatives à des atteintes volontaires à l’intégrité de la personne.
« Des personnes susceptibles d’être vulnérables faisaient l’objet de violences et d’humiliations parfois encouragées par des versements d’argent des spectateurs. » — Parquet de Nice.
Vers une régulation plus stricte du streaming ?
Pour nous, spectateurs et utilisateurs des réseaux sociaux, cette affaire pose une question fondamentale : jusqu’où peut-on aller pour faire du « chiffre » ? La plateforme Kick, connue pour sa modération beaucoup plus souple que celle de Twitch, est de nouveau sous le feu des critiques. Le modèle économique basé sur l’interaction poussée à l’extrême entre les streameurs et leur public a ici montré son visage le plus sombre.
L’enquête préliminaire se poursuit et ces gardes à vue sont une étape clé pour déterminer la responsabilité exacte de Naruto et Safine dans ce que beaucoup décrivent comme un « cirque de l’horreur » numérique. On reste à l’affût des prochaines déclarations du parquet pour savoir si une mise en examen sera prononcée d’ici la fin de la semaine.








