3 860 euros par mois
Selon le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, une personne seule est considérée comme riche si elle perçoit au moins 3 860 euros nets par mois, après impôts. Ce chiffre, qui représente environ deux fois le revenu médian, permet de situer la richesse sur une échelle concrète. À titre de comparaison, le SMIC net est d’environ 1 383 euros par mois, ce qui fait de ce seuil un revenu presque trois fois supérieur au salaire minimum.
Le seuil de richesse varie selon la composition du foyer. Pour un couple sans enfant, il est fixé à 5 790 euros nets mensuels, et pour une famille avec deux enfants de moins de 14 ans, il monte à 9 650 euros par mois. Ainsi, le niveau de vie nécessaire pour être considéré comme riche augmente en fonction du nombre de personnes à charge, ce qui reflète l’augmentation des dépenses liées à la vie familiale.
La richesse n’est pas uniquement une question de salaire. Elle prend également en compte les prestations sociales, les revenus du patrimoine (comme les loyers perçus ou les dividendes d’investissements), et les placements financiers. Cela signifie que même si une personne ne gagne pas directement ces montants grâce à son salaire, d’autres sources de revenus peuvent la faire entrer dans la catégorie des personnes riches.
Le patrimoine
Outre le revenu, le patrimoine est un autre indicateur clé pour évaluer la richesse. En France, un ménage est considéré comme riche en termes de patrimoine s’il dispose de plus de 531 000 euros d’actifs nets (sans déduction des dettes). Cela inclut l’immobilier, les investissements et les biens mobiliers.
Pour entrer dans la catégorie des 1 % des ménages les plus riches, le patrimoine doit dépasser les 2,2 millions d’euros. Ce chiffre englobe tous les types de biens, qu’ils soient immobiliers, financiers ou d’autres actifs. Par exemple, Bernard Arnault, à la tête du groupe LVMH, est l’une des personnalités les plus riches du monde, avec un patrimoine estimé à plus de 200 milliards d’euros, ce qui équivaut à la valeur de l’ensemble des logements de Marseille et Nantes réunis.
Qui sont les riches en France ?
Le rapport de l’Observatoire des inégalités dresse un portrait type des personnes riches en France. Les personnes les plus aisées sont souvent des cadres supérieurs, majoritairement masculins et ayant dépassé l’âge de 50 ans. On constate que la proportion de riches augmente avec l’âge : seuls 1 % des moins de 30 ans sont considérés comme riches, tandis que ce chiffre atteint 15 % chez les 60-64 ans.
La répartition géographique des personnes riches en France montre une concentration dans les grandes villes et en région parisienne. Paris et les Hauts-de-Seine, en particulier Neuilly-sur-Seine, comptent parmi les communes les plus riches du pays. Cependant, certaines villes de province, comme celles proches de la frontière suisse, abritent également une population fortunée.
Déterminer un seuil de richesse n’est pas exempt de critiques. Certains experts estiment que ce seuil est trop bas pour réellement définir la richesse. Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), préfère parler de « hauts revenus » ou de « hauts patrimoines » plutôt que de richesse, car le terme « riche » reste ambigu.
L’un des points souvent soulevés concerne les disparités régionales. Le coût de la vie, notamment le prix de l’immobilier, varie considérablement d’une région à l’autre. Une personne gagnant 3 860 euros par mois à Paris pourrait ne pas se considérer comme riche en raison du coût élevé du logement et de la vie en général. À l’inverse, dans des régions moins chères, ce même revenu pourrait offrir un niveau de vie beaucoup plus confortable.
Malgré ces critiques, l’Observatoire des inégalités préfère ne pas corréler le seuil de richesse au coût de l’immobilier, car ce dernier peut être influencé par des choix individuels. Certains choisissent de vivre dans des zones où le logement est plus cher pour des raisons professionnelles ou personnelles, ce qui complexifie l’analyse.
Les riches, une population en diminution mais plus fortunée
Selon le rapport, 4,7 millions de Français sont actuellement considérés comme riches, soit 7,4 % de la population. Cependant, ce nombre a diminué par rapport à 2011, lorsque 5,5 millions de personnes faisaient partie de cette catégorie. Cette baisse s’explique en partie par des changements économiques et sociaux. Néanmoins, les riches actuels sont plus fortunés qu’auparavant, avec un niveau de vie moyen qui a progressé au fil des années.
Parmi les riches, le 1 % des plus fortunés détient une part croissante des revenus. En 2022, ils captaient 12,7 % des revenus totaux avant impôts, contre 7,7 % au début des années 1980. Ce phénomène illustre une concentration des richesses au sommet de l’échelle sociale, une tendance observée dans de nombreux pays développés.