Le réveil a été particulièrement brutal pour l’Autriche. Alors que le procès retentissant des viols de Mazan en France et le courage de Gisèle Pelicot, consacrée femme de l’année par Time, restent gravés dans tous les esprits, un scénario presque identique – et cette fois fatal – vient d’éclater à Marchtrenk, une commune paisible de Haute-Autriche.
Dans la nuit du 25 au 26 juin, l’horreur s’est matérialisée derrière les murs d’un pavillon sans histoire. C’est une adolescente qui a fait la macabre découverte en trouvant sa propre mère de 39 ans inanimée et couverte de sang sur un matelas. Les ambulanciers dépêchés sur place n’ont pu que constater son décès immédiat.
Quand la thèse de « l’accident » s’effondre
Face aux enquêteurs, le conjoint de 51 ans, un chauffeur routier affichant 1,88 gramme d’alcool dans le sang, a d’abord tenté de sauver sa peau avec un alibi commode. Il a ainsi affirmé sans ciller qu’il s’agissait d’un simple accident survenu au cours d’un jeu sexuel consenti mais violent.
Cependant, les conclusions du rapport d’autopsie ont rapidement pulvérisé sa version des faits. Les médecins légistes ont en effet relevé de terribles lésions internes ayant provoqué la mort, associées à un taux d’alcoolémie massif et à des substances sédatives. La victime se trouvait dans un état d’inconscience totale, incapable de manifester le moindre refus.
De plus, l’expertise numérique de son smartphone a fini d’achever le récit du mari. La veille même du drame, cet homme effectuait des recherches précises pour savoir comment droguer une personne à l’aide de produits ménagers courants.
Le macabre business de la soumission chimique
Dès lors, les enquêteurs ont mis au jour une mécanique glaçante, que le tribunal régional de Wels n’a pas hésité à qualifier d’« affaire Pelicot 2.0 ». Loin d’être un drame isolé, les échanges écrits prouvent la mise en place d’un réseau méthodique d’abus sur une longue durée.
Selon les révélations du quotidien autrichien Kronen Zeitung, l’époux ne cachait rien de ses intentions monstrueuses dans ses messages privés :
Dans ses conversations avec des inconnus, le suspect allait jusqu’à qualifier sa compagne de « viande morte » pour négocier ses rendez-vous tarifés.
Les investigations techniques menées par la police judiciaire révèlent un piège implacable :
- Des tarifs fixés à l’avance : le mari réclamait des sommes allant jusqu’à 500 euros pour permettre à des hommes extérieurs d’abuser de son épouse inanimée.
- La destruction des preuves : quelques heures après le décès, l’homme a fait disparaître le matelas à eau du domicile et supprimé plusieurs applications de messagerie.
- Une vulnérabilité exploitée : la trentenaire était chimiquement anesthésiée, totalement inconsciente de ce que son corps subissait.
- La traque de complices : les autorités autrichiennes analysent désormais des centaines d’échanges numériques afin d’identifier tous les agresseurs potentiels.
Des complices écroués et un passé violent
À ce stade de l’enquête, deux hommes dorment déjà derrière les barreaux. Outre le mari, un voisin de 51 ans a été incarcéré après être passé partiellement aux aveux. Ce dernier reconnaît s’être rendu sur place à deux reprises pour agresser la victime, y compris durant la nuit de sa mort, bien que les enquêteurs confirment son départ avant l’issue fatale.
Par ailleurs, les langues se délient autour de la personnalité du mari. Son ancienne épouse a brisé le silence pour raconter sa violence quotidienne, témoignant qu’il lui avait autrefois cassé le nez parce qu’elle refusait d’avoir des relations avec d’autres partenaires. Une brutalité ordinaire qui s’exerçait sur tout le foyer.
Actuellement poursuivi pour violences sexuelles sur personne sans défense ayant entraîné la mort, le principal accusé encourt entre 10 et 20 ans de prison, voire la réclusion à perpétuité si les juges retiennent l’intention d’homicide.
Cette affaire sordide démontre brutalement que le fléau de la soumission chimique au sein du couple ne connaît pas de frontières et se terre trop souvent derrière le silence des pavillons ordinaires.







