Sur ton feed Instagram, l’ambiance semble pourtant idyllique. Kenza Benchrif, alias Poupette Kenza, partage chaque jour des dizaines de moments complices avec son 1,5 million d’abonnés depuis sa maison près d’Angers. Entre préparation d’un landau et tranches de brioche coupées face caméra, la créatrice de contenu de 26 ans met en scène sa vie de famille. Mais en coulisses, la réalité judiciaire est beaucoup plus sombre.
Ce vendredi 11 septembre 2026, les autorités judiciaires ont confirmé un tournant majeur dans le dossier qui la vise. En effet, le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, a pris un réquisitoire définitif demandant le renvoi de la star des réseaux sociaux devant le tribunal correctionnel. Une décision qui concrétise des mois d’investigations intenses menées par la police judiciaire.
Un scénario d’intimidation digne d’une fiction policière
Pour comprendre l’ampleur du scandale, il faut remonter au début de l’année 2024. À cette époque, son ancienne associée et son époux déposent une plainte particulièrement inquiétante. Le couple affirme vivre sous une pression insoutenable, victime d’une opération de surveillance minutieuse destinée à lui soutirer plusieurs centaines de milliers d’euros.
Les investigations techniques menées par les enquêteurs ont mis au jour un dispositif de pistage impressionnant :
- Une balise GPS dissimulée directement sur le véhicule des plaignants pour tracer leurs trajets ;
- Une mini-caméra clandestine installée aux abords immédiats de leur domicile privé ;
- Des filatures physiques récurrentes accompagnées de menaces directes d’agression ;
- L’interpellation par la brigade de recherche et d’intervention (BRI) d’un individu muni d’une grenade lors d’un faux rendez-vous.
L’objectif présumé de cette opération musclée ? Récupérer une somme estimée entre 200 000 et 350 000 euros. Kenza Benchrif accusait en effet son ancienne agente de lui avoir dérobé des fonds et avait décidé de régler le litige par ses propres moyens, sans passer par les voies légales.
« J’ai regretté d’avoir mal agi. J’ai engagé un homme de main parce que je voulais me faire justice moi-même. »
Comme nous l’expliquions lorsque Poupette Kenza a reconnu avoir engagé un homme de main, ces aveux publics n’ont pas allégé le regard des magistrats sur la gravité des faits. Par conséquent, l’influenceuse avait passé quatre mois en détention provisoire au centre pénitentiaire de Rouen durant l’été 2024, avant d’obtenir sa libération sous strict contrôle judiciaire en octobre de la même année.
Pourquoi l’influenceuse échappe aux assises
Le réquisitoire définitif rendu public cible trois protagonistes : Kenza Benchrif, son mari Allan Liehrmann, ainsi que l’exécutant présumé des menaces, Éric Love O. Le ministère public retient contre eux deux infractions principales :
- La tentative d’extorsion de fonds ;
- La participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement.
Cependant, une nuance juridique fondamentale change totalement la donne pour le trio. Le parquet de Rouen a choisi d’abandonner la circonstance aggravante de bande organisée. Dès lors, le dossier quitte le terrain criminel des assises pour rejoindre la compétence d’un tribunal correctionnel. Si elle risquait initialement jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle, Poupette Kenza encourt désormais une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement.
Un calendrier judiciaire particulièrement chargé
Désormais, la décision finale appartient au juge d’instruction indépendant en charge de l’information judiciaire. C’est ce magistrat qui devra signer soit une ordonnance de non-lieu, soit une ordonnance de renvoi validant la tenue du procès devant les juges rouennais.
De plus, cette affaire d’extorsion n’est pas le seul écueil sur la route du couple star des plateformes. En effet, Kenza Benchrif et son époux devront également s’asseoir sur le banc des prévenus le 18 mars 2027 pour répondre d’autres infractions économiques : travail dissimulé, pratique commerciale trompeuse et emploi d’une personne étrangère sans titre de séjour.
Entre les partenariats sponsorisés sur smartphone et les convocations au palais de justice, le contraste n’a jamais été aussi violent pour l’icône déchue du web.







