Georges Bilello raconte sa traque solitaire sur les réseaux sociaux

Face à la lenteur de la justice, Georges Bilello a décidé de se faire justice lui-même en traquant l’homme qui échangeait des messages sexuels avec sa fille de 12 ans.
george billelo

Le déclic : une tentative de suicide dans la chambre d’à côté

Tout bascule le 17 avril 2025. Alors qu’il pense passer une soirée normale devant la télé, Georges entend des bruits suspects venant de la chambre de sa fille, Léa. C’est son fils qui fait la macabre découverte : l’adolescente de 12 ans vient de tenter de se pendre.

Le geste est d’autant plus terrible que la jeune fille vient de perdre sa mère. Sur un mot laissé à son père, elle exprime sa honte et sa peur de ne plus être aimée après ce qui s’est passé sur son smartphone. Georges réagit à la seconde :

« Je me suis levé, j’ai chopé un ciseau et j’ai coupé la corde. À deux minutes près, elle n’était plus de ce monde. »

L’origine du drame ? Une « embrigadement » sur Snapchat. Depuis septembre 2024, un homme de 36 ans échangeait des messages obscènes et réclamait des photos intimes à la collégienne.

La traque : quand un chauffeur-routier devient cyber-enquêteur

Malgré une plainte déposée dès la découverte des messages, Georges Bilello sent que l’enquête piétine. Hors de question pour lui d’attendre sans rien faire. Il décide de prendre les choses en main avec une méthode radicale :

  • Il récupère le téléphone de sa fille.
  • Il se fait passer pour elle dans les conversations.
  • Il infiltre les réseaux sociaux du suspect.
  • Il collabore avec la « Team Moore », un collectif de bénévoles traquant les pédocriminels.

Le tournant survient lorsque le suspect commet l’erreur fatale d’activer sa localisation sur Snapchat. Georges Bilello identifie immédiatement une adresse en Isère. Pour lui, c’est le signal qu’il attendait pour forcer la main aux autorités.

« J’ai fait ‘et puis merde’, je vais me débrouiller par moi-même et le trouver par moi-même. »

Un procès attendu le 3 mars à Vienne

Grâce aux éléments fournis par le père, les gendarmes procèdent enfin à l’interpellation du suspect. L’homme de 37 ans, domicilié en Isère et placé sous curatelle, n’avait aucun antécédent judiciaire. Il est aujourd’hui poursuivi pour corruption de mineure de 15 ans.

Cette traque personnelle, bien que risquée, a été validée par la justice. Le procureur de Vienne a précisé qu’il n’y avait pas de vice de procédure car, en droit pénal français, la preuve est libre.

Les risques encourus par le prévenu sont lourds :

  • Jusqu’à 10 ans de prison (victime de moins de 15 ans).
  • 150 000 euros d’amende.
  • Inscription au fichier national des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

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