Une loyauté qui finit par coûter cher
Imaginez passer 25 ans sans jamais voir la couleur d’un transat ou d’un week-end prolongé. C’est l’histoire incroyable de Mossadek Ageli, un ancien cadre de Sabtina Ltd, une société de gestion immobilière basée au Royaume-Uni. Entré dans la boîte en 1987, il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur commercial, mais à un prix exorbitant : celui de sa santé et de son repos.
Pourquoi une telle situation ? On vous explique les raisons de ce blocage permanent :
- Un effectif réduit : Mossadek et son assistante étaient les seuls employés à temps plein. S’ils partaient, la boîte s’arrêtait.
- Des refus systématiques : Entre 1988 et 1996, la direction lui a refusé plus de 200 jours de repos.
- Une responsabilité totale : Seul signataire autorisé de l’entreprise pendant 20 ans, il ne pouvait physiquement pas quitter son poste.
Le carnet de bord qui a tout changé
Face à l’impossibilité de partir en vacances, Mossadek Ageli n’a pas baissé les bras, il a sorti son stylo. Il a tenu pendant des décennies un registre ultra-précis de chaque jour de congé qui lui était dû. Selon les informations du Telegraph, ce document est devenu son arme fatale devant les tribunaux.
« J’ai simplement tenu un registre de mes droits à congés. Il a été convenu qu’il n’était plus nécessaire d’envoyer de documents pour approbation ou refus. »
Plutôt que de se faire payer ses jours chaque année, il a décidé de les « stocker » comme une sorte de fonds de retraite personnel, faisant confiance à son employeur pour régler la note le moment venu. Une stratégie risquée qui a fini par payer au-delà de ses espérances.
827 jours de congés payés d’un coup
Tout bascule en 2022. Le conseil d’administration change et l’ambiance devient électrique. En 2024, Mossadek est licencié pour « faute grave ». La direction pense alors pouvoir balayer ses arriérés de congés d’un revers de main. Mauvais calcul.
La justice britannique n’a pas traîné pour trancher. En analysant les faits, le tribunal a estimé que le salarié avait été « maltraité » par la rétention de ses paiements. Le décompte final donne le tournis :
- 392 000 livres sterling au total (environ 460 000 euros).
- 827 jours de congés indemnisés, soit environ 544 euros par jour de repos « volé ».
- 100 000 euros de bonus pour licenciement abusif.
Un avertissement pour tous les patrons
Cette affaire, relayée massivement par des médias comme BFMTV et 20 Minutes, rappelle une règle d’or du droit du travail, aussi bien au Royaume-Uni qu’en Europe : le droit au repos est sacré. Si un employeur vous empêche techniquement de prendre vos vacances, il ne peut pas prétendre qu’elles sont « perdues » en fin d’année.
Pour Mossadek Ageli, la retraite commence donc avec un compte en banque bien rempli. On parie que pour ses prochaines vacances, il ne se contentera pas d’un simple week-end. Si vous vous demandez encore s’il faut poser vos jours pour 2026, n’oubliez pas que la loi protège ceux qui savent compter.








