Israël approuve le rapatriement des 5 800 Bnei Menashe d’Inde

Israël vient de valider un plan inédit : accueillir les 5 800 derniers membres de la communauté Bnei Menashe, originaires des États indiens du Mizoram et du Manipur. Une décision politique, culturelle et stratégique qui va marquer les prochaines années, alors que cette communauté revendique depuis longtemps un lien ancien avec le peuple juif.
bnei menashe

Qui sont les Bnei Menashe ?

Les Bnei Menashe se présentent comme des descendants de la tribu de Manassé, l’une des « tribus perdues » mentionnées dans la tradition juive. Leur histoire moderne commence dans les années 1950, lorsqu’une partie des groupes chin, kuki et zo du Nord-Est indien adopte des pratiques juives et se rapproche progressivement du judaïsme orthodoxe.

Malgré des débats sur leur légitimité religieuse, un tournant survient en 2005 : le grand rabbin séfarade Shlomo Amar les reconnaît officiellement comme « descendants d’Israël ». Depuis, environ 4 000 d’entre eux ont déjà immigré en Israël, s’intégrant notamment dans l’armée et dans plusieurs villes du nord du pays.

Un plan massif sur cinq ans

Le gouvernement israélien a validé une opération majeure : faire venir l’ensemble des 5 800 membres restants d’ici 2030. La première vague, soit 1 200 personnes, est prévue pour 2026. Le projet prévoit un budget spécial d’environ 90 millions de shekels (environ 27 millions de dollars) pour financer les vols, les cours d’hébreu, l’hébergement et les programmes d’intégration.

Une logistique entièrement pilotée par l’Agence juive

Pour la première fois, la Jewish Agency — un acteur central de l’Aliyah — gérera directement l’ensemble du processus :

  • entretiens d’éligibilité en Inde, avec des rabbins et les autorités religieuses israéliennes ;
  • organisation des vols ;
  • accompagnement administratif et social des nouveaux arrivants ;
  • cours de conversion et formation religieuse suivant le cadre orthodoxe.

« Cette décision marque un effort national important et profondément symbolique », a déclaré l’Agence juive, mettant en avant une opération coordonnée entre plusieurs ministères.

Pourquoi maintenant ?

Plusieurs facteurs expliquent cette accélération. D’abord, Israël cherche depuis longtemps à renforcer les régions du nord touchées par les tensions avec le Hezbollah. Les nouveaux arrivants devraient s’installer principalement à Nof Hagalil et dans d’autres villes proches de Nazareth.

Cette immigration répond aussi à un enjeu démographique : Israël compte environ 10,1 millions d’habitants, dont 73 % sont juifs. L’arrivée d’une communauté reconnue comme juive contribue à maintenir cet équilibre dans un contexte géopolitique tendu.

Une communauté marquée par les crises en Inde

Le Nord-Est indien vit depuis plusieurs années une instabilité importante. Des centaines de Bnei Menashe ont été touchés par les affrontements communautaires au Manipur. Pour beaucoup, ce programme représente autant un retour symbolique vers une identité revendiquée qu’une opportunité d’échapper aux violences locales.

Quelles perspectives pour les nouveaux arrivants ?

À leur arrivée, les Bnei Menashe suivront des cours d’hébreu, seront logés temporairement, puis orientés vers des formations ou un emploi. La majorité des jeunes installés lors des précédentes vagues a rejoint des unités de combat ou servi dans des secteurs clés de la société israélienne.

Le gouvernement espère que cette nouvelle étape favorisera non seulement leur intégration, mais aussi le dynamisme des régions du nord, où de nombreux habitants ont quitté leurs foyers ces dernières années.

Un moment historique pour Israël et pour les Bnei Menashe

Avec ce plan, Israël clôt un chapitre ouvert depuis plus de 20 ans. Pour les Bnei Menashe, c’est la promesse d’un nouveau départ. Pour l’État israélien, c’est un choix stratégique, identitaire et démographique qui pourrait redessiner une partie du nord du pays dans les années à venir.

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