De l’icône anti-VSS à la mise en cause
Pour la communauté féministe, la pilule est difficile à avaler. Jenna Boulmedaïs n’est pas n’importe qui : avec ses 250 000 abonnés, elle s’est imposée comme une voix qui porte, relayant inlassablement la parole des victimes. L’ironie est tragique : depuis ce début janvier 2026, elle fait l’objet d’une enquête judiciaire ouverte par le parquet.
Au cœur du dossier, une plainte déposée par Lisa Jane-Rougerie, une actrice de 21 ans et amie de l’influenceuse. Elle accuse Jenna non pas d’avoir commis le viol, mais d’avoir créé les conditions pour qu’il se produise, lors d’une soirée estivale dans le Vaucluse en juillet dernier.
« Elle a indiqué que j’étais consentante » : le récit glaçant de la nuit du drame
Les détails révélés par le Le Parisien sont particulièrement lourds. Le 3 janvier, Lisa Jane-Rougerie publie une série de stories Instagram où elle relate cette nuit cauchemardesque. Après avoir rencontré deux hommes avec Jenna, le groupe se serait retrouvé dans leur logement de vacances.
L’actrice est formelle : elle affirme avoir refusé toute avance. « Elle m’a demandé si je souhaitais avoir un rapport sexuel avec l’un d’eux, j’ai refusé clairement et je me suis retirée dans ma chambre », écrit-elle. C’est là que la situation bascule. Un homme serait entré nu dans sa chambre. Selon la plaignante, cet homme aurait agi « après qu’il lui a été indiqué que j’étais consentante par Jenna Boulmedaïs ».
La suite du témoignage décrit une scène de dissociation traumatique. Lisa raconte avoir été conduite dans une autre pièce où se trouvaient le second homme et Jenna, tous deux dénudés. Elle évoque des « gémissements de douleur » qui n’auraient pas été pris en compte par les personnes présentes.
La défense de Jenna Boulmedaïs : « Rien ne m’a laissé penser à un défaut de consentement »
Face à la gravité des accusations qui inondent les réseaux, Jenna Boulmedaïs a brisé le silence le 7 janvier 2026. Sa position est sans ambiguïté : elle dément toute implication active. « Je n’ai jamais organisé, commis, couvert ni encouragé une agression sexuelle ni un viol sous quelque forme que ce soit », a-t-elle posté sur Instagram.
Si elle admet avoir eu connaissance de la relation sexuelle, elle maintient qu’au moment des faits, sa perception était différente de celle de la victime présumée, affirmant que « rien ne lui a laissé penser qu’il pouvait y avoir un défaut de consentement ». Pour défendre son honneur, l’influenceuse a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre son ancienne amie.
L’enquête s’accélère : auditions et qualifications pénales
L’affaire ne se joue plus seulement sur Instagram, mais dans les bureaux de la police judiciaire. Une plainte a été formellement déposée pour deux motifs distincts :
- « Viol » à l’encontre de l’agresseur présumé (qui reste à identifier formellement).
- « Non-assistance à personne en danger » visant spécifiquement Jenna Boulmedaïs.
L’instruction avance rapidement. Le mardi 13 janvier, Lisa Jane-Rougerie a été auditionnée par les policiers du commissariat central de Paris. Son avocat, Me Boué-Diacquenod, a confirmé qu’elle avait « réitéré les termes de sa plainte initiale ». La justice devra désormais déterminer si l’influenceuse a, par ses paroles ou son inaction, une responsabilité pénale dans ce drame.








