Le constat est sans appel : en 2025, la France a enregistré son plus faible nombre de naissances depuis la Seconde Guerre mondiale avec seulement 644 000 bébés. Si le désir d’enfant reste élevé chez les 18-35 ans, il est souvent « empêché » par des barrières financières et professionnelles. C’est pour briser ce plafond de verre que le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a déposé ce mercredi 11 février 2026 un rapport visant à provoquer une véritable révolution de la politique familiale.
Une aide universelle de 250 € dès le premier enfant
La mesure phare de ce rapport est la création d’un « versement familial unique ». Concrètement, l’État verserait 250 euros par mois et par enfant, sans aucune condition de ressources, de la naissance jusqu’aux 20 ans de l’enfant. Cette aide viendrait remplacer une dizaine de dispositifs actuels, souvent jugés trop complexes et illisibles par les jeunes parents.
Actuellement, les allocations familiales ne sont versées qu’à partir du deuxième enfant et dépendent de vos revenus. En proposant une aide dès le premier nouveau-né, les parlementaires veulent envoyer un signal fort à la génération qui hésite à franchir le pas. Le coût estimé de cette réforme ? Entre 5 et 10 milliards d’euros, un investissement massif que le rapporteur qualifie de « plan quinquennal » pour l’avenir du pays.
Congé parental et logement : faciliter la vie des parents
Parce que l’argent ne fait pas tout, le rapport préconise également un « Big Bang » sur le temps de travail et le quotidien. L’idée est de créer un congé parental unifié de 12 mois, rémunéré en proportion du salaire. Fini le forfait actuel peu attractif, l’objectif est de permettre aux parents de s’arrêter sans sacrifier leur niveau de vie.
Le logement, souvent cité comme le premier frein à l’agrandissement de la famille (« une pièce en moins, c’est un enfant en moins »), est aussi dans le viseur. Le rapport suggère :
- La création d’un prêt à taux zéro spécifique pour l’achat ou l’agrandissement d’un logement lors d’une naissance.
- Une exonération de droits pour les donations familiales allant jusqu’à 100 000 euros si elles servent à l’achat de la résidence principale.
- La possibilité pour les entreprises de verser une prime de naissance défiscalisée pouvant atteindre 5 000 euros.
La fin des espaces « No Kids » dans les transports
Le rapport s’attaque enfin à un sujet qui a fait polémique récemment : la tendance « No Kids ». Après les annonces de la SNCF concernant des espaces « sans enfants », les députés veulent trancher. Ils proposent d’intégrer l’exclusion des mineurs dans le code pénal comme une forme de discrimination.
Mieux encore, le texte prévoit de rendre obligatoire l’aménagement d’espaces adaptés aux familles dans tous les trains. « On ne peut pas d’un côté s’alarmer de la baisse de la natalité et de l’autre ne plus tolérer les enfants dans l’espace public », souligne la députée Constance de Pélichy. Le message est clair : la société entière doit se réadapter à la présence des plus jeunes, des entreprises aux transports collectifs.
« L’État doit permettre aux Français qui souhaitent avoir des enfants d’en avoir. » – Extrait du rapport parlementaire.








