Des promesses de papiers au cauchemar dans les Yvelines
Tout commence par une rencontre fortuite en Colombie. Marie, une infirmière de 27 ans, soigne Victoria Triay, la compagne du footballeur. La connexion se fait, et les promesses pleuvent : un job en France, une vie meilleure et, surtout, une régularisation administrative garantie sous six mois. Séduite, Marie arrive dans les Yvelines en septembre 2024, bientôt rejointe par ses parents et ses deux frères. Mais une fois sur place, la réalité est loin des paillettes du Parc des Princes.
Selon les informations révélées par Paris Match et confirmées par plusieurs sources proches du dossier, la famille se retrouve plongée dans une situation d’irrégularité totale. Pas de visas, pas de contrats de travail, et une dépendance absolue envers le couple Hernandez. L’avocate des plaignants, Me Lola Dubois, dépeint un tableau sombre où la précarité des immigrés aurait été délibérément utilisée pour maintenir une main-d’œuvre à disposition constante.
Rythme infernal : 80 heures par semaine et salaires en liquide
Dans la résidence de luxe du joueur, les rôles sont distribués comme dans une entreprise, mais sans aucun droit social. Marie et sa mère occupent les postes de nourrices, cuisinières et femmes de ménage. Leurs journées ? Un marathon sans fin. Marie affirme avoir travaillé 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, devant rester éveillée jusqu’au coucher du couple, pour un salaire de 2 000 euros versé en liquide. Une somme dérisoire au regard de l’amplitude horaire dénoncée, oscillant entre 72 et 84 heures par semaine.
- Le père : Gardien de nuit pour 3 000 euros par mois.
- Le fils aîné : Agent de sécurité pour 2 000 euros par mois.
- Le fils mineur : Payé entre 500 et 1 000 euros pour des missions de sécurité.
- Zéro protection : Ni fiches de paie, ni cotisations, ni congés payés.
« Nous avons été exploités et humiliés… ils nous traitent comme des esclaves », lâche Marie, dont le témoignage pointe du doigt une intentionnalité claire de la part de l’international français.
Armes à feu et tentatives de régularisation « in extremis »
L’affaire prend une tournure encore plus lunaire avec l’apparition d’armes. Pour assurer la sécurité de la propriété, les hommes de la famille auraient été contraints de porter des pistolets d’alarme, des tasers et du gaz lacrymogène. Un incident marquant survient en décembre 2024 lors d’une tentative de cambriolage : le père de famille aurait dû faire usage de son arme pour repousser les intrus. Des images de vidéosurveillance montreraient même Marie et Victoria Triay armées de couteaux de cuisine dans le jardin, en pleine panique.
Ce n’est qu’en octobre 2025, après une violente dispute et le licenciement de Marie et sa mère, que des contrats de travail auraient été rédigés à la hâte. Ces documents, qualifiés de « tentative de régularisation in extremis » par la défense, indiqueraient des temps partiels et des rémunérations bien inférieures à la réalité du terrain, afin de masquer l’ampleur du travail dissimulé durant l’année écoulée.
Le clan Hernandez « tombe des nues »
Face à ces accusations de traite d’êtres humains — un crime passible de lourdes peines de prison — le camp de Lucas Hernandez plaide l’ignorance. Frank Hocquemiller, l’agent du joueur, assure que son client et sa compagne ne sont pas au courant de la plainte déposée au parquet de Versailles. Ils se disent sidérés par ces révélations.
Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de Keylor Navas, l’ancien gardien du club, lui aussi visé par des accusations similaires il y a quelques mois. Pour Lucas Hernandez, déjà en difficulté sportivement cette saison avec un temps de jeu réduit, cette tempête judiciaire pourrait sérieusement entacher sa fin de carrière et son image publique. La justice devra désormais trancher : s’agit-il d’un différend d’employeur à employé ou d’un cas avéré d’esclavagisme moderne au cœur du football français ?








