L’interprète de « La Kiffance » a troqué les plateaux de tournage pour la barre du tribunal. Accusé d’avoir violé une jeune femme de 20 ans pendant son sommeil dans un hôtel parisien, Nabil Boukhobza (son vrai nom) joue gros. S’il risque jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle, l’artiste de 40 ans a choisi une ligne de défense surprenante, mettant en avant son honneur plutôt que ses disques d’or.
Dans une ambiance électrique, la première journée a permis d’esquisser le portrait d’un homme qui assure être resté « simple » malgré les millions de streams. Mais entre les analyses ADN et les témoignages de la plaignante, la réalité du dossier est bien plus sombre.
« Je pense surtout à ma famille et à mon honneur »
Dès l’ouverture des débats, Naps a tenu à marquer les esprits. Face aux juges, il a balayé d’un revers de main l’importance de son succès commercial pour se concentrer sur son image d’homme intègre.
« Ma carrière peut s’arrêter maintenant, je m’en fous. Je pense surtout à ma famille, à mon honneur », a déclaré l’artiste à la barre.
Pourtant, le rappeur n’a pas pu s’empêcher de rappeler son poids dans l’industrie musicale française. Il a souligné être le troisième rappeur avec le plus de disques d’or en France, une manière de souligner le contraste avec l’homme « simple » qu’il prétend être aujourd’hui devant la cour.
Une nuit de fête qui vire au cauchemar
Les faits remontent à octobre 2021. Après une soirée dans un club du 9e arrondissement de Paris, Naps invite trois jeunes femmes dans sa chambre d’hôtel près de la gare de Lyon. Ce qui devait être un « after » classique s’est transformé en enquête criminelle.
- Le contexte : Consommation de cannabis, d’alcool et de protoxyde d’azote (« ballons ») durant la soirée.
- Le récit de la victime : Elle explique s’être endormie et avoir été réveillée par la douleur d’une pénétration vaginale.
- Les preuves : Des traces ADN du rappeur ont été retrouvées sur les sous-vêtements de la plaignante, alors que Naps affirmait qu’elle n’en portait pas.
La victime, aujourd’hui âgée de 24 ans, a refusé le huis clos. Elle se dit « prête et déterminée » à affronter le regard de celui qu’elle accuse de l’avoir pénétrée alors qu’elle était « dans les vapes », entre le réveil et le sommeil.
Une stratégie de défense centrée sur la « simplicité »
Pour ses avocats, l’enjeu est de casser l’image de la star intouchable. Ils décrivent un enfant de la cité d’Air Bel, à Marseille, qui n’aurait jamais forcé personne. Naps lui-même assure que le rapport était consenti et parle même de « gémissements de plaisir », une version que la justice a jugée fragile face aux témoignages des amies de la victime.
« Les hommes mentent, pas les chiffres », aimait-il poster sur Instagram. À la barre, les chiffres ont laissé place aux mots, et l’exercice s’avère bien plus périlleux.
Ce procès n’est que la partie émergée de l’iceberg pour le rappeur. On vous rappelle qu’il est également mis en examen pour des faits similaires survenus dans le Var à l’été 2024, impliquant trois autres jeunes femmes. Pour l’heure, Naps reste présumé innocent dans l’ensemble de ces affaires.
Le verdict est attendu ce jeudi 19 février. On reste sur le coup pour vous tenir au courant de la suite des débats.








