« Habillés comme pour aller au ski »
L’image est forte et nous vient de Lyon, dans le 3ème arrondissement. À l’école Meynis, le thermomètre affichait ce matin des valeurs polaires : 10°C en maternelle et à peine 7°C en élémentaire. La cause ? Une panne du réseau de chauffage urbain qui a cueilli les parents à froid, prévenus par SMS à 7h45, soit quelques minutes avant la sonnerie.
Si la mairie a dépêché des radiateurs électriques en urgence, l’ambiance était surréaliste. Les parents, résignés mais solidaires, ont dû adapter la tenue des enfants en temps réel. Une mère de famille témoignait ce matin avec un sourire jaune :
« J’ai habillé les petits comme pour aller au ski, vêtements thermiques en plusieurs couches, moufles et bonnet ! »
Difficile pourtant d’apprendre à écrire avec des moufles. Si les cours ont été maintenus à Lyon dans des conditions « adaptées », la situation était tout aussi critique à Paris. Dans le XIIe arrondissement, l’école Michel Bizot a subi le même sort. Ici, le problème de chaufferie était connu depuis vendredi, mais aucune solution pérenne n’a été trouvée avant l’arrivée des élèves, provoquant la colère des familles face à cet « entre-deux » jugé inacceptable.
Loiret, Nantes, Toulouse : la carte de France des radiateurs froids
Le phénomène n’est pas isolé. C’est une véritable épidémie de pannes qui a touché le territoire ce lundi, forçant certains établissements à renvoyer purement et simplement les élèves chez eux.
- Dans le Loiret : C’est l’hécatombe. Quatre établissements (dont les lycées Jacques-Monod et Maurice-Genevoix) ont fermé leurs portes. À Saint-Jean-de-Braye, les cours ne reprendront même pas mardi au lycée Monod. L’université d’Orléans est aussi touchée, conséquence d’une coupure électrique survenue à Noël qui a endommagé les équipements.
- À Nantes (Bouguenais) : Un « bug logiciel » est en cause. Le système de gestion centralisée a planté, empêchant le redémarrage automatique des chaudières. Résultat : moins de 10°C dans les classes et des parents priés de récupérer leurs enfants.
- À Toulouse : Par -5°C à l’extérieur, trois écoles se sont retrouvées sans chauffage. Le personnel enseignant a exercé son droit de retrait, une décision rare qui souligne la gravité de la situation sanitaire.
Pourquoi tant de pannes simultanées ?
Comment expliquer une telle série noire en 2026 ? Au-delà de la coïncidence malheureuse avec la vague de froid, plusieurs facteurs techniques se cumulent. Les collectivités pratiquent désormais une politique de sobriété énergétique stricte : pendant les vacances, le chauffage est baissé au minimum (souvent 12°C) pour faire des économies.
Le problème survient au moment de la « remise en chauffe ». Vieillissantes, certaines chaudières ne supportent pas le redémarrage brutal nécessaire pour remonter la température face au gel extérieur. À cela s’ajoutent des canalisations gelées ou des fuites d’eau, comme au lycée Genevoix, ou encore des défaillances informatiques sur les systèmes de pilotage à distance, comme observé à Bouguenais et Bagnols-sur-Cèze.
Si la majorité des établissements devraient retrouver une température de saison dès demain mardi grâce aux interventions d’urgence, cet épisode relance le débat sur la vétusté du bâti scolaire et la gestion thermique des bâtiments publics en période de vacances.








