Ce qui s’est passé en salle d’accouchement
La mère, en déplacement loin de son obstétricien habituel, a été admise au Jordan Valley Medical Center (West Valley Campus), alors géré par Steward Health Care. D’après la plainte, le protocole de travail a déraillé : administration d’oxytocine (Pitocin) à des doses jugées excessives, signes de détresse fœtale non pris en compte et césarienne trop tardive. À la naissance, l’enfant présentait des lésions compatibles avec une privation d’oxygène.
Les documents évoquent aussi un manque d’expérience au chevet de la patiente et une coordination défaillante entre soignant·e·s et médecin de garde. Pour les parents, l’erreur n’a rien d’un incident isolé : ils décrivent une chaîne de décisions qui a transformé un travail normal en urgence évitable.
Pourquoi le montant est historique
Le tribunal a motivé une somme exceptionnelle par la gravité des fautes et l’ampleur des besoins sur toute une vie. Les postes indemnisés couvrent notamment :
- Soins médicaux et paramédicaux continus (neurologie, rééducation, thérapies).
- Aides techniques et aménagements du domicile.
- Pertes de revenus futures et assistance quotidienne.
- Dommages punitifs destinés à sanctionner la négligence.
À l’échelle des litiges pour erreur médicale à la naissance, ce verdict se situe dans le très haut du panier et envoie un signal fort aux établissements sur la sécurité en salle de naissance.
Ce que dit le jugement
« Pour cette mère, cet hôpital a été l’endroit le plus dangereux pour accoucher. »
Le juge a fustigé la gestion du travail et l’absence de réaction adéquate face aux alertes, estimant que l’enfant, privée d’oxygène trop longtemps, n’a pas pu devenir la personne qu’elle aurait dû être.
Conséquences pour la famille
Depuis sa naissance, la petite fille suit un parcours de soins lourd : thérapies physiques et occupationnelles, prise en charge de crises d’épilepsie, accompagnement éducatif adapté. Les nuits, les déplacements, l’école : tout s’organise autour de sa sécurité et de son confort. Les parents l’expliquent simplement : l’objectif est d’offrir à leur enfant le maximum d’autonomie possible malgré les séquelles.
Le versement effectif des sommes reste incertain
Si le montant prononcé atteint 951 millions de dollars, l’issue financière dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la situation de Steward Health Care, passée par une procédure de faillite et une cession d’actifs. Les avocats de la famille espèrent récupérer au moins la partie liée aux dommages punitifs. Quoi qu’il arrive, cette décision fixe une référence pour les dossiers d’accouchement mal géré et rappelle les exigences de qualité des soins en obstétrique.
Les points clés à retenir
- Lieu : hôpital de West Valley, agglomération de Salt Lake City.
- Faits reprochés : surdosage de Pitocin, retard de césarienne, mauvaise lecture des signes de détresse fœtale.
- Verdict : 951 millions de dollars pour financer des soins à vie et sanctionner la négligence.
- Enjeu futur : recouvrement des sommes dans un contexte de difficultés financières du groupe hospitalier.
Pourquoi ce cas parle à toute une génération
Au-delà des chiffres, l’affaire pose une question simple : quand on entre à la maternité, on doit pouvoir compter sur des équipes formées, des protocoles clairs et des décisions rapides quand la situation se tend. Cette histoire rappelle que la sécurité des patient·e·s n’est pas négociable et que chaque alerte compte.