Apparues sur nos radars fin 2025, ces influenceuses ont raflé près de 290 000 abonnés en seulement quatre semaines. Entre photos en bikini à Miami et appartements de luxe, le duo affiche une vie de rêve. L’une arbore des cheveux lisses, l’autre des boucles volumineuses, et elles n’hésitent pas à répondre aux questions de leurs fans sur leur anatomie complexe.
Une perfection numérique qui interpelle
Pourtant, derrière ces sourires ultra-bright, un malaise s’installe chez certains internautes. Si Valeria et Camila jurent en story qu’elles sont bien réelles — « Nous bougeons, nous parlons, nous ne sommes manifestement pas des IA » — les preuves du contraire s’accumulent.
Des experts en technologie ont analysé les clichés sous toutes les coutures. Andrew Hulbert, ingénieur en intelligence artificielle, est catégorique : ces femmes n’existent pas. Selon lui, les images sont la « personnification de ce que les médias considèrent comme la beauté » et ne présentent aucun défaut humain. Le détail qui tue ? Leurs yeux. Leurs pupilles seraient vides et les reflets lumineux totalement incohérents. Sur certaines vidéos, on remarque même que les passants en arrière-plan sont totalement figés alors que les sœurs s’activent.
Le business des influenceuses générées par IA

Pourquoi créer de toutes pièces des siamoises virtuelles ? La réponse tient en un mot : business. Valeria et Camila ne sont pas là que pour les likes. Elles gèrent un véritable écosystème numérique :
- Instagram : La vitrine lifestyle pour attirer les abonnés.
- Telegram : Un canal « épicé » payant où elles vendent du contenu érotique.
- X et TikTok : Des relais pour maximiser leur visibilité.
L’accès à leur groupe privé sur Telegram coûte environ une dizaine d’euros par mois. En jouant sur le fantasme et la curiosité liée à leur supposée condition physique, les créateurs de ces avatars transforment chaque clic en cash. Elles semblent même faire partie d’un réseau plus large de modèles IA aux particularités physiques atypiques, comme des yeux de couleurs différentes ou des membres amputés.
La fin de l’innocence sur les réseaux ?
Valeria et Camila ne sont pas des cas isolés. Elles s’inscrivent dans une tendance croissante de « laboratoires numériques » destinés à enrichir leurs concepteurs. Des copies conformes, comme les sœurs Victoria et Emily à Los Angeles, commencent déjà à apparaître sur la toile, utilisant exactement la même recette.
Face à ces avatars hyperréalistes, la frontière entre le vrai et le faux devient invisible pour le commun des mortels. Heureusement, la loi commence à s’en mêler : en Europe, un nouvel étiquetage obligatoire pour les images générées par IA devrait voir le jour à l’été 2026. En attendant, gardez l’œil ouvert : la prochaine influenceuse que vous suivrez n’aura peut-être jamais respiré le même air que vous.
« Les apparences sont souvent trompeuses ! »








