La fin du « piège » des congés payés
Jusqu’à récemment, si vous posiez un lundi de congé et que vous cravachiez le reste de la semaine, vous pouviez dire adieu à vos bonus. Pourquoi ? Parce que la loi française considérait que seules les heures « réellement travaillées » permettaient de dépasser le seuil des 35 heures. En clair, prendre des vacances vous faisait perdre de l’argent sur vos efforts du reste de la semaine.
Mais sous la pression du droit européen, tout a basculé. Le 10 septembre 2025, une première décision historique tombait : les congés payés doivent être assimilés à du temps de travail pour calculer vos heures sup’. En 2026, la justice va encore plus loin. Dans un arrêt du 7 janvier 2026, elle confirme que cette règle s’applique aussi si votre temps de travail est calculé sur deux semaines.
Concrètement, qu’est-ce que ça change pour vous ?
Prenons un exemple simple pour comprendre l’impact sur votre prochain virement. Imaginez que vous êtes aux 35 heures (soit 7h par jour). Vous posez votre vendredi pour un week-end prolongé, mais du lundi au jeudi, vous avez charbonné 9h par jour pour boucler vos dossiers.
- Avant : Vous aviez fait 36h de travail effectif. On vous payait 35h normales et seulement 1h sup’. Votre jour de congé « effaçait » les autres heures bonus.
- Aujourd’hui : On additionne vos 36h travaillées et vos 7h de congé. Total : 43h. Vous touchez donc 8h supplémentaires majorées (souvent à 25 %).
L’idée de la Cour de cassation est simple : prendre ses congés est un droit fondamental. On ne doit pas vous dissuader de partir en vacances sous prétexte que cela vous ferait perdre vos primes de rendement.
Un droit qui s’étend à tous les contrats
L’avocate spécialisée Anne Leleu-Eté le confirme : cette règle est appelée à se généraliser. Après le décompte à la semaine et celui sur deux semaines, ce sont les forfaits mensuels ou l’annualisation du temps de travail qui devraient suivre la même logique. La justice veut une égalité totale : peu importe comment votre patron compte vos heures, vos vacances ne doivent jamais être une punition financière.
D’ailleurs, cette nouveauté s’accompagne d’autres bonnes nouvelles pour vos repos en 2026 :
- Maladie pendant les vacances : Si vous tombez malade pendant vos congés, vous pouvez désormais demander le report de vos jours. Vos vacances ne sont plus « perdues » à cause d’une grippe.
- Acquisition en arrêt : Même en arrêt maladie, vous continuez désormais à cumuler des jours de congés payés (jusqu’à 24 jours par an).
- Droit à l’oubli : Votre patron a l’obligation de vous informer du nombre de jours qu’il vous reste et de la date limite pour les poser. S’il ne le fait pas, vos congés ne sont jamais perdus.
Vérifiez votre solde de tout compte
Attention, cette décision a un effet rétroactif ! Puisqu’il s’agit de salaire, vous pouvez théoriquement demander un rappel sur les trois dernières années si votre entreprise n’appliquait pas cette méthode de calcul. C’est le moment de jeter un œil attentif à vos anciennes fiches de paie et de poser la question à votre service RH ou à vos représentants du personnel (CSE).
« Le salarié ne doit pas être dissuadé de prendre des jours de congés payés », martèle la Cour de cassation dans ses récents arrêts.
Le message est clair : en 2026, le droit au repos est sacré, et il ne doit plus vous coûter un centime de majoration. Alors, prêts à poser votre prochain vendredi sans culpabiliser pour votre fiche de paie ?
















