Fin de CDD : droits, chômage et pièges à éviter

C’est le jour J, votre contrat s’arrête et une nouvelle page se tourne. Mais attention, la fin de CDD ne se résume pas à rendre son badge et dire au revoir aux collègues : entre le jackpot de la prime de précarité et les nouvelles règles strictes sur le chômage, vous devez être vigilant pour ne rien perdre.
fin de cdd

La « Prime de précarité » : votre bonus de sortie

C’est souvent la première question que l’on se pose : avec combien je repars ? La bonne nouvelle, c’est que la précarité de votre statut vous donne droit à une compensation financière immédiate. On l’appelle l’indemnité de fin de contrat.

Son montant est facile à calculer : elle correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue durant tout votre contrat. Concrètement, si vous avez gagné 12 000 € brut au total, vous touchez 1 200 € de prime en plus de votre dernier salaire.

Attention, il existe des exceptions. Ce taux peut descendre à 6 % si votre convention collective le prévoit et si vous avez eu accès à une formation. Surtout, vous ne toucherez rien du tout dans certains cas précis :

  • Si vous êtes embauché en CDI juste après.
  • Si c’était un job d’été (vacances scolaires) ou un contrat d’apprentissage.
  • Si vous commettez une faute grave.

N’oubliez pas non plus l’indemnité compensatrice de congés payés. Si vous n’avez pas posé tous vos jours, l’employeur doit vous les payer.

Le piège de 2025 : refuser un CDI peut vous coûter cher

C’est la nouveauté qui change tout et vous devez absolument la connaître. Depuis 2024 et renforcé en 2025, vous ne pouvez plus refuser indéfiniment des offres d’emploi stable sans conséquence. Si votre employeur vous propose un CDI pour un poste similaire, avec le même salaire et le même lieu de travail, soyez prudent avant de dire non.

La règle est stricte : si vous refusez deux propositions de CDI équivalents en l’espace de 12 mois, France Travail (ex-Pôle Emploi) peut vous supprimer vos droits aux allocations chômage. L’objectif affiché est d’encourager le retour vers l’emploi durable, mais pour vous, cela signifie qu’il faut bien réfléchir avant de décliner une offre pour « voir ailleurs ».

Si vous souhaitez refuser, assurez-vous que l’offre n’est pas « raisonnable » au sens légal ou discutez-en avec votre conseiller France Travail en amont pour éviter la radiation.

Les 3 documents sacrés à récupérer impérativement

Ne quittez jamais les locaux sans avoir vérifié votre dossier administratif. Votre employeur a l’obligation légale de vous remettre trois documents le dernier jour :

  • Le certificat de travail : Il prouve que vous avez travaillé ici et détaille vos dates et fonctions. C’est votre CV officiel.
  • L’attestation France Travail : C’est le sésame absolu. Sans ce document (transmis aussi numériquement par l’employeur), impossible de toucher le chômage.
  • Le solde de tout compte : C’est le résumé financier (salaire, primes, congés). Vérifiez chaque ligne avant de signer le reçu.

Petite astuce : même si vous signez le reçu pour solde de tout compte, vous gardez un délai pour contester les montants si vous réalisez plus tard qu’il y a une erreur de calcul.

Chômage : n’attendez pas pour vous inscrire

Dès le lendemain de votre dernier jour de contrat (J+1), connectez-vous sur le site de France Travail. Inutile d’attendre : plus vous tardez, plus vos indemnités arriveront tardivement. Vous avez théoriquement 12 mois pour vous inscrire, mais pour votre trésorerie, la rapidité est clé.

Pour toucher l’ARE (Allocation d’aide au Retour à l’Emploi), vous devez avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois. Le montant sera d’environ 57 % de votre salaire journalier brut.

Et si le patron ne dit rien ?

C’est une situation stressante mais potentiellement avantageuse. La date de fin arrive, et personne ne vous a parlé de la suite. Que faire ? Si vous continuez à travailler après l’heure de fin officielle et que l’employeur ne dit rien, félicitations : votre CDD se transforme automatiquement en CDI.

Si vous restez dans l’entreprise sans signer de nouveau contrat, vous êtes considéré comme étant en CDI aux mêmes conditions. Attention toutefois, dans ce cas précis de transformation automatique, la prime de précarité saute.

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