Les vacances : 35 jours de liberté surveillée
Être demandeur d’emploi ne signifie pas être assigné à résidence. La réglementation vous accorde un droit aux congés, même au chômage. Vous disposez d’un quota de 35 jours calendaires par année civile (du 1er janvier au 31 décembre). Durant cette période, correspondant à cinq semaines, vous pouvez vous absenter de votre domicile habituel, quitter la France, et continuer de percevoir votre Aide au Retour à l’Emploi (ARE) sans aucune pénalité.
Concrètement, si vous partez deux semaines en Thaïlande, vous touchez vos allocations normalement. Attention toutefois, ce compteur est strict. Dès le 36ème jour d’absence cumulée, vous n’êtes plus considéré comme « immédiatement disponible » pour rechercher un emploi. Conséquence immédiate : le versement de vos allocations s’interrompt.
La déclaration d’absence : le nouveau tour de vis de 2025
C’est ici que les choses se corsent. Jusqu’à récemment, la règle communément admise ne nécessitait de déclarer que les absences supérieures à 7 jours consécutifs. Cependant, la réglementation s’est durcie depuis janvier 2025. Dans une volonté de suivi plus étroit, il est désormais impératif de jouer la carte de la transparence totale.
Toute absence doit être signalée à France Travail, idéalement 72 heures avant votre départ. Ne jouez pas avec le feu : une absence non déclarée, même courte, peut être interprétée comme un manquement à vos obligations de disponibilité.
Pour déclarer votre départ, trois options simples existent :
- En ligne : Via votre espace personnel, rubrique « Signaler un changement de situation ».
- Par téléphone : Au 3949 (service automatisé 24h/24).
- Par écrit : Un mail à votre conseiller référent assure une trace écrite précieuse en cas de litige.
L’avantage tactique de la déclaration ? Votre conseiller est informé et ne vous positionnera pas de rendez-vous ou de convocation pendant cette période. Vous évitez ainsi la radiation bête pour « absence à convocation ».
Le « flicage » numérique : mythe ou réalité ?
Ne sous-estimez pas les moyens de contrôle de l’administration. Si aucun système n’est officiellement branché en direct sur les douanes, les croisements de données existent. Les agents de France Travail disposent d’outils pour repérer les incohérences.
Plus inquiétant pour les fraudeurs potentiels : la traque numérique. Des connexions à votre espace personnel depuis une adresse IP étrangère (hors UE) peuvent déclencher une alerte. De même, des cas de contrôles via les réseaux sociaux ont été rapportés : une story Instagram géolocalisée à l’autre bout du monde alors que vous êtes censé chercher un emploi à Tourcoing peut suffire à déclencher une procédure de contrôle. En cas de fraude avérée, vous risquez non seulement la radiation, mais surtout le remboursement des sommes indûment perçues.
Chercher un emploi en Europe : le dispositif d’exportation des droits
Si votre départ n’est pas touristique mais professionnel, et qu’il cible un pays de l’Union européenne (UE), de l’Espace économique européen (EEE) ou la Suisse, vous n’avez pas besoin de poser de « congés ». Vous pouvez demander le transfert de vos droits.
Ce mécanisme permet de continuer à toucher vos allocations françaises pendant 3 mois (parfois extensibles à 6) pendant que vous cherchez un poste à Berlin, Rome ou Dublin. La procédure est très codifiée :
- Demandez le formulaire portable U2 à France Travail avant votre départ.
- Inscrivez-vous auprès du service de l’emploi du pays d’accueil dans les 7 jours suivant votre arrivée.
- Soumettez-vous aux contrôles de recherche d’emploi de l’organisme local.
Attention, si vous trouvez un travail sur place, vos allocations françaises seront ajustées ou suspendues selon les règles locales et le montant de votre nouveau salaire.
Le grand départ hors Europe : geler ses droits pour mieux revenir
Vous partez tenter l’aventure au Canada, en Australie ou au Japon ? L’exportation des droits n’existe pas hors de l’Europe. Vous ne toucherez donc pas votre chômage une fois la frontière de l’UE franchie. Mais tout n’est pas perdu.
Vous pouvez opter pour le gel de vos droits. Lors de votre dernière actualisation, déclarez que vous n’êtes plus à la recherche d’emploi. Vos droits restants sont alors « stockés ». Ils restent valables pendant une durée de 3 ans augmentée de la durée de vos droits initiaux. Si vous aviez deux ans de chômage devant vous, vous pouvez théoriquement les récupérer jusqu’à 5 ans après votre ouverture de droits.
À votre retour en France, une simple réinscription suffit pour réactiver le versement de ce reliquat. C’est une sécurité financière majeure pour les expatriés qui rentrent au bercail.
Retour d’expatriation : valoriser son expérience
Le retour se prépare aussi administrativement. Si vous avez travaillé en Europe, pensez à récupérer le formulaire U1 (anciennement E301) auprès de l’institution compétente du pays d’accueil avant de rentrer. Ce document certifie vos périodes de travail à l’étranger et permettra à France Travail de les prendre en compte pour un futur recalcul de vos droits, à condition que vous retravailliez au moins une journée en France à votre retour.
Pour ceux qui rentrent du Royaume-Uni post-Brexit, les règles se sont durcies, mais les périodes travaillées peuvent encore compter sous certaines conditions strictes, nécessitant là aussi le formulaire U1.
L’actualisation : le fil d’Ariane obligatoire
Que vous soyez en vacances à Bali pour 15 jours ou en recherche d’emploi à Madrid avec un formulaire U2, une obligation demeure absolue : l’actualisation mensuelle. Vous devez vous connecter à votre espace personnel (entre le 28 et le 15 du mois suivant) pour signaler que vous êtes toujours demandeur d’emploi.
En cas d’oubli, la sanction est automatique : cessation d’inscription. Si vous êtes à l’étranger dans une zone où internet est capricieux, anticipez. C’est le seul lien qui garantit la continuité de vos paiements.
















