C’est quoi le « mood » de la finance islamique ?
Si vous saturez de la finance traditionnelle et de ses krachs à répétition, la finance islamique est peut-être votre porte de sortie. C’est une finance 100 % adossée à l’économie réelle. En gros, on ne joue pas avec de l’argent virtuel, on finance des projets concrets.
Pour comprendre, il faut intégrer les cinq piliers éthiques qui régissent ce secteur :
- Interdiction du Riba : L’intérêt (l’usure) est strictement banni. L’argent ne doit pas produire d’argent par lui-même.
- Adossement tangible : Chaque transaction doit être liée à un actif réel (immobilier, marchandise, équipement).
- Partage des profits et des pertes : On est dans le même bateau. Si le projet gagne, on gagne. S’il perd, on assume ensemble.
- Exclusion des secteurs « Haram » : Pas un centime ne va dans l’alcool, le tabac, les jeux d’argent ou l’armement.
- Zéro spéculation : Le « Gharar » (incertitude excessive) et le « Maysir » (pari pur) sont interdits.
« L’industrie financière islamique a connu une croissance de 525,75% entre 2006 et 2019. Aujourd’hui, elle représente un mode de financement alternatif incontournable avec plus de 2 000 milliards de dollars d’actifs. »
Le parcours du combattant : par où commencer ?
On va être directs : en France, en 2026, vous ne trouverez pas de « Licence Finance Islamique » juste après le bac. Pourquoi ? Parce que pour comprendre comment contourner l’intérêt, il faut d’abord maîtriser parfaitement la finance conventionnelle.
Le plan d’attaque idéal : Faites un cursus classique en économie, gestion ou droit. Blindez vos bases en mathématiques financières, comptabilité et analyse de risques. Une fois que vous avez votre Bac+3, c’est là que les choses sérieuses commencent.
Les Masters et MBA : Le haut du panier
Si vous visez les postes de direction ou l’international (Dubaï, Londres, Kuala Lumpur), il faut viser les diplômes de prestige :
- L’Executive MBA de Financia Business School : Piloté par Kader Merbouh, c’est la référence à Paris. Le rythme est hybride (cours un week-end sur deux) et le prix tourne autour de 12 000 à 15 000 euros. C’est l’autoroute vers les banques d’affaires.
- L’Executive Master de Paris Dauphine-PSL : Basé sur leur campus de Tunis, c’est le seul diplôme universitaire public français. Comptez entre 8 000 et 10 000 euros pour un programme reconnu par les plus grands cabinets comme EY ou HSBC Amanah.
Les Certificats : Pour les impatients et les pros
Vous voulez une spécialisation rapide sans retourner à l’école pendant deux ans ? Plusieurs options s’offrent à vous :
- Le Certificat Finance Islamique (Financia x Grande Mosquée de Paris) : 88 heures de cours les week-ends. Pour 1 800 euros, vous obtenez une certification solide éligible au CPF.
- La certification CIFE de l’Ethica Institute : C’est le standard mondial. 100 % en ligne, elle coûte environ 1 500 euros et est reconnue dans 65 pays. Parfait si vous visez un poste au Moyen-Orient.
- Les certifications AAOIFI : C’est le « Graal » technique pour devenir auditeur ou conseiller Sharia. Anglais obligatoire et niveau expert requis.
Le job de vos rêves : Qui recrute et pour combien ?
La pénurie de profils qualifiés est réelle. Les banques et les fintechs se battent pour arracher les experts qui maîtrisent à la fois le Fiqh (droit musulman des affaires) et l’analyse financière.
En France, le marché est porté par les fintechs éthiques comme Mizen, 570Easi ou ConnexCap. Les salaires pour un junior oscillent entre 35 000 et 45 000 euros, mais grimpent vite au-delà de 65 000 euros avec l’expérience.
À l’international, c’est une autre galaxie. À Dubaï ou au Bahreïn, les salaires peuvent dépasser les 100 000 dollars, souvent « tax-free ».
« Le marché mondial est confronté à une pénurie sévère de personnel qualifié disposant à la fois de connaissances techniques financières et d’une bonne connaissance du droit islamique. »
La question qui fâche : Comment financer sa formation ?
On ne va pas se mentir, 15 000 euros pour un MBA, c’est un budget. Mais en 2026, les solutions existent :
- Le CPF : De nombreuses formations courtes (CIFE, Certificat Financia) sont éligibles. Vérifiez bien le code sur France Compétences avant de signer.
- Les bourses régionales : La région Île-de-France finance parfois une partie des Executive Masters pour les demandeurs d’emploi en reconversion.
- Le financement par l’entreprise : Si vous travaillez déjà en banque, votre employeur peut prendre en charge la formation dans le cadre de son plan de développement des compétences.
















