Plus d’un quart des lycéens ont subi leurs choix d’orientation

Le verdict est tombé et il fait mal : l’orientation scolaire reste un traumatisme pour une immense partie de la jeunesse française.
orientation forcée

Imaginez que votre avenir se joue sur une décision prise alors que vous n’aviez même pas encore le droit de vote. C’est la réalité brutale décrite par une étude choc pilotée par la sociologue Anne Muxel (Cevipof) en partenariat avec OpinionWay et VersLeHaut. En 2025, le constat est sans appel : le système d’orientation génère plus d’angoisse que de projets de vie.

Un système qui impose plus qu’il n’accompagne

Vous avez eu l’impression qu’on ne vous écoutait pas au collège ou au lycée ? Vous n’êtes pas seuls. L’enquête révèle que 28 % des 18-24 ans disent avoir carrément subi une orientation imposée par l’institution. On ne parle pas ici d’un simple conseil, mais d’un choix par défaut ou forcé.

  • 72 % des jeunes trouvent que les décisions arrivent beaucoup trop tôt.
  • 61 % estiment qu’il n’existe aucun droit à l’erreur une fois la machine lancée.
  • Seulement 38 % se sentent réellement préparés au monde qui les attend.

Le sentiment dominant ? Une pression constante. En France, le diplôme est encore le « pass » ultime pour exister socialement. Si vous ratez la marche à 16 ans, le système vous fait comprendre que la suite sera un parcours du combattant. Cette absence de « seconde chance » transforme l’orientation en un tunnel anxiogène.

« En France, le diplôme et le niveau de formation conditionnent beaucoup plus que dans les autres pays l’insertion sociale », explique Anne Muxel.

La méfiance s’installe envers l’école

Quand on se sent poussé dans une voie qui ne nous ressemble pas, la confiance envers l’école s’effrite forcément. Si 70 % des jeunes déclarent globalement faire confiance à l’institution, le diable se cache dans les détails : ils ne sont que 12 % à lui accorder une confiance totale.

Le divorce est encore plus consommé chez ceux qui ont quitté le système tôt. Pour les jeunes inactifs ou ceux qui se sont arrêtés juste après le bac, le taux de confiance s’effondre à 50 %. Les critiques visent directement l’humain : 44 % des sondés pensent que les profs ont ignoré leurs souhaits, et plus de la moitié jugent l’aide des conseillers d’orientation insuffisante.

Les jeunes femmes, premières victimes de l’angoisse

L’étude souligne une inégalité de genre frappante face à l’avenir. Les chiffres montrent que les jeunes femmes subissent une charge mentale bien plus lourde concernant leur parcours professionnel.

  • 79 % des femmes de 18-24 ans déclarent avoir peur de l’avenir (contre 68 % chez les hommes).
  • Près de 30 % d’entre elles ont déjà interrompu leurs études supérieures.
  • Seulement 30 % estiment avoir été bien préparées, contre 46 % des garçons.

Cette peur de ne pas réussir dans la voie choisie paralyse une partie de la population féminine, qui redoute plus que tout le verdict du marché du travail.

« Il faut renforcer les liens entre l’école et le monde pro pour réduire cette peur de l’erreur », préconise la sociologue.

Changer les règles du jeu

Pour sortir de cette impasse, les auteurs de l’étude identifient des leviers concrets. L’idée n’est plus seulement de donner des brochures sur les métiers, mais de créer un véritable suivi personnalisé. L’objectif est de clarifier les débouchés réels de chaque formation pour que l’information ne soit plus un privilège de quelques-uns.

Le droit à l’erreur doit devenir une réalité pour que l’orientation ne soit plus vécue comme une condamnation, mais comme un chemin ajustable. En attendant, le malaise persiste et interroge : comment construire sa vie quand on a le sentiment que le point de départ nous a été dicté ?

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