L’Université de Caen inaugure son premier campus sans tabac

Le 27 mars 2026, le campus 5 de l’Université de Caen Normandie a franchi un cap historique en devenant officiellement le premier site sans tabac de l’établissement. Cette initiative pilote, centrée sur les futurs professionnels de santé, annonce une transformation radicale de la vie étudiante dans toute la région.
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La fin du « nuage de fumée » devant les amphis

Si vous avez l’habitude de traverser un rideau de fumée pour atteindre votre cours d’anatomie, c’est terminé. Désormais, fumer ou vapoter aux abords immédiats des bâtiments de l’UFR Santé est proscrit. L’idée n’est pas de punir, mais de sanctuariser les lieux de vie.

  • Lieu symbolique : Le Campus 5 accueille les futurs médecins et pharmaciens.
  • Objectif clair : Éliminer le tabagisme passif aux entrées principales.
  • Signalétique : De nouveaux marquages au sol délimitent les zones interdites.

« Nous formons les soignants de demain. Le tabac reste la première cause de mortalité évitable. Un campus sans tabac envoie un message fort », affirme Paul-Ursmar Milliez, directeur de l’UFR Santé.

Les étudiants valident le projet à 78 %

On pourrait croire à une fronde, mais c’est tout l’inverse. L’Université a mené l’enquête auprès de 700 usagers, et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 78 % des répondants soutiennent cette démarche. Même chez les fumeurs, l’accueil est plutôt positif. Pour beaucoup, c’est l’occasion de réduire leur consommation dans un environnement ultra-stressant.

Romane et Lucie, étudiantes en orthophonie, respirent enfin. Selon elles, l’unique entrée du campus était systématiquement encombrée de fumeurs, rendant le passage désagréable pour tous. Cette nouvelle organisation permet de séparer les flux et de respecter le choix de chacun.

Pas de police de la clope, mais de la bienveillance

L’université mise sur l’humain plutôt que sur la répression. Pour faire respecter les nouvelles règles, pas de gardes mobiles à l’horizon. Ce sont des « étudiants relais-santé » qui iront à la rencontre de leurs pairs pour sensibiliser, informer et orienter vers des solutions de sevrage.

  • Zones de tolérance : Des abris ont été installés à distance des flux pour les irréductibles.
  • Accompagnement : Des dispositifs d’aide à l’arrêt sont proposés via les services de santé universitaire.
  • Ambassadeurs : Des volontaires recrutés pour discuter « entre pairs ».

Le président de l’université, Lamri Adoui, insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une privation de liberté, mais d’une protection collective. En Normandie, plus de deux étudiants sur cinq ont déjà expérimenté le tabac. L’enjeu est donc de briser l’image « cool » ou « sociale » de la cigarette sur le lieu d’études.

Bientôt 13 campus sans tabac en Normandie ?

Le Campus 5 n’est que la première étape d’un plan beaucoup plus vaste. L’Université de Caen Normandie compte déployer ce dispositif sur l’ensemble de ses 13 sites. Le prochain sur la liste ? Le campus d’Alençon (Damigny), qui devrait suivre le mouvement dans les semaines à venir.

« C’est une question de santé publique car les chiffres sont trop élevés. Certains étudiants vont peut-être penser à arrêter, et on gagnera notre pari », explique le cardiologue Paul Milliez.

Cette transition s’inscrit dans le cadre du Plan national de lutte contre le tabac (PNLT) qui vise une génération sans tabac d’ici 2032. En rejoignant d’autres précurseurs comme les universités de Rennes ou de Strasbourg, Caen affirme sa volonté de devenir un modèle de bien-être étudiant et de responsabilité environnementale, tout en réduisant la pollution liée aux milliers de mégots jetés chaque jour.

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