Film 3D

Le film 3D, tu le connais surtout grâce aux lunettes qu’on enfile au cinéma pour voir les images « sortir de l’écran ». Mais derrière cet effet waouh se cache tout un univers : histoire du cinéma en relief, technologies de projection, animation 3D, logiciels pro, et une foule de métiers qui font vivre ces images.
film 3D

Qu’est-ce qu’un film 3D ?

Le terme film 3D désigne en réalité deux choses un peu différentes, mais liées :

  • un film projeté en relief au cinéma, que l’on regarde avec des lunettes spéciales ;
  • un film d’animation 3D, réalisé à partir d’images de synthèse modélisées sur ordinateur.

Quand tu vas voir un blockbuster avec des lunettes dans une grande salle, on parle de film en 3D stéréoscopique. L’effet de profondeur vient du fait que chaque œil reçoit une image légèrement différente, et que le cerveau fait le reste du travail pour recréer le relief.

À côté de ça, les studios produisent aussi des films entièrement créés en images de synthèse. Les personnages, les décors, la lumière, tout est fabriqué en 3D dans un logiciel. Même si le film est parfois projeté en « simple » 2D, on continue de parler de film 3D, car son univers a été construit dans un espace tridimensionnel virtuel.

Film 3D au cinéma : le relief grâce aux lunettes

Au cinéma, un film 3D fonctionne comme un trompe-l’œil géant. Deux versions quasi identiques de la même image sont projetées, avec un léger décalage. Les lunettes filtrent ces images pour que :

  • l’œil gauche voie uniquement l’image qui lui est destinée ;
  • l’œil droit voie l’autre image ;
  • le cerveau fusionne le tout et crée l’impression de profondeur.

Selon les technologies, les lunettes peuvent être polarisées (filtre optique simple, lunettes légères) ou actives (verres qui s’obscurcissent en alternance). Le principe reste le même : séparer les images pour recréer une vision en relief.

Film 3D en animation : un univers fabriqué sur ordinateur

Dans le cas d’un film d’animation 3D, tout commence par une feuille blanche… ou plutôt une scène virtuelle vide. Les équipes créent :

  • des modèles 3D de personnages, d’objets, de décors ;
  • des textures (peau, métal, bois, tissus) ;
  • des squelettes pour animer les personnages ;
  • des sources de lumière qui simulent la réalité ;
  • une caméra virtuelle qui se déplace dans ce monde.

Le film est ensuite calculé image par image (on parle de rendu 3D). C’est ce rendu qui sera projeté en salle, en 2D ou en 3D relief selon les versions. L’avantage : la 3D permet de créer des créatures, des mondes et des effets impossibles à filmer dans la réalité.

Comment fonctionne la 3D au cinéma ?

Pour comprendre un film 3D, il faut revenir à un truc très simple : nous avons deux yeux. Chacun voit le monde sous un angle légèrement différent. Le cerveau fusionne ces deux images pour calculer la profondeur. C’est ce qu’on appelle la stéréoscopie.

Le cinéma 3D imite ce phénomène naturel en jouant sur trois éléments :

  • le tournage ou la création d’images en double (une vue pour chaque œil) ;
  • un système de projection capable d’afficher ces images de manière contrôlée ;
  • des lunettes qui font le tri entre les deux flux d’images.

Les principaux procédés de projection 3D

Voici un résumé des grandes familles de techniques que l’on croise dans l’histoire du cinéma 3D :

ProcédéPrincipeType de lunettesOù on le rencontre
AnaglypheDeux images superposées avec des couleurs différentesVerres rouge et bleu/cyanVieilles séances TV, bonus DVD, expérimentations
PolarisationDeux images projetées avec des polarisations différentesLunettes polarisées passivesBeaucoup de salles de cinéma modernes
Lunettes à obturation (shutter)Images alternées rapidement pour chaque œilLunettes actives à cristaux liquidesCertains cinémas, casques et systèmes domestiques
Casques VRUn écran par œil, suivi des mouvements de la têteCasque intégralRéalité virtuelle, expériences interactives

Le but reste toujours le même : envoyer une image spécifique à chaque œil, sans que tu t’en rendes compte, pour créer une vraie sensation de volume.

Les grandes techniques pour créer un film 3D

Tourner directement en 3D

Pour les films « live » avec de vrais acteurs, on peut tourner directement en 3D stéréoscopique. Sur le plateau, cela signifie :

  • utiliser un rig 3D, une plateforme qui supporte deux caméras alignées comme deux yeux ;
  • régler très finement la distance entre les objectifs et leur angle ;
  • prévoir des décors, des mouvements de caméra et une mise en scène adaptés au relief.

C’est une technique lourde, coûteuse, mais elle permet un contrôle très précis du ressenti 3D dès le tournage.

Créer un film en animation 3D

Pour un film d’animation 3D, tout se passe en studio. Les équipes utilisent des logiciels comme Blender, Maya ou d’autres moteurs 3D pour :

  • modéliser les personnages et les environnements ;
  • animer les corps, les visages, les caméras ;
  • simuler lumières, fumée, pluie, explosions, magie ;
  • calculer les milliers d’images qui composeront le film.

Avantage énorme : on peut quasiment tout contrôler. Inconvénient : c’est très long, et chaque plan demande du temps, de la puissance de calcul, et une équipe bien organisée.

Convertir un film 2D en 3D

Autre solution : partir d’un film tourné en 2D et le convertir ensuite en 3D relief. C’est un travail de fourmi :

  • les plans sont découpés en « couches » (avant-plan, sujet, arrière-plan) ;
  • chaque élément est légèrement décalé pour simuler la profondeur ;
  • des artistes retouchent les images pour combler les zones manquantes.

Quand c’est bien fait, l’illusion fonctionne très bien. Quand c’est bâclé, le film 3D peut donner mal à la tête et l’effet de relief paraît gadget.

Les métiers derrière un film 3D

Derrière un film 3D, il n’y a pas « un génie tout seul derrière son PC », mais une chaîne de métiers spécialisés. Quelques exemples clés :

  • Character designer : imagine le look des personnages, leur silhouette, leurs vêtements, leur attitude.
  • Modélisateur 3D : transforme ces dessins en modèles 3D utilisables dans le film.
  • Animateur 3D : donne vie aux personnages, aux objets, aux caméras en créant le mouvement.
  • Narrative designer : travaille sur l’univers, l’histoire, les dialogues, la progression du récit (surtout dans le jeu vidéo et les projets interactifs).
  • Lighter 3D : gère la lumière, les ombres, l’ambiance visuelle de chaque plan.
  • VFX artist : s’occupe des simulations (fumée, feu, eau, particules, explosions).
  • Compositing artist : assemble toutes les couches d’images pour obtenir le rendu final.

Tous ces métiers travaillent ensemble, souvent pendant plusieurs années, sur un même long métrage ou une série d’animation.

Un bon film 3D ne se résume pas à des objets qui te sautent au visage. Le vrai défi, c’est d’utiliser la profondeur pour renforcer l’émotion, l’immersion et l’histoire.

Comment s’organise une production 3D ?

Même si chaque studio a sa manière de faire, on retrouve souvent les grandes étapes suivantes :

  • Préproduction : écriture du scénario, design des personnages, storyboard, animatique.
  • Production : modélisation, rigging (squelette), animation, FX, éclairage.
  • Postproduction : rendu, compositing, étalonnage, mixage son.

La 3D demande de la technique, mais aussi beaucoup de coordination et de communication entre les équipes.

Film 3D, jeux vidéo et réalité virtuelle : des mondes connectés

Ce qui est fascinant avec l’animation 3D, c’est que les compétences sont transférables. Un modeleur qui travaille sur un film 3D peut très bien rejoindre ensuite une équipe de jeux vidéo. Un animateur peut passer d’une série pour plateforme à un projet VR immersif.

On retrouve partout la même base :

  • des objets et personnages 3D modélisés ;
  • un moteur de rendu (temps réel ou non) ;
  • une caméra virtuelle et une mise en scène ;
  • un travail très fin sur la lumière et l’ambiance.

Résultat : se former à l’animation ou au film 3D, c’est ouvrir la porte à plusieurs industries créatives, pas seulement au cinéma.

Comment se former aux métiers de l’animation 3D ?

Si tu te vois travailler sur un film 3D, un jeu ou une série animée, il existe plusieurs chemins possibles après le bac. Les noms de diplômes varient, mais on retrouve souvent :

  • des formations courtes (BTS, BUT, licences pro) orientées infographie ou audiovisuel ;
  • des bachelors animation 3D et jeux vidéo, plutôt axés sur la pratique artistique et technique ;
  • des mastères spécialisés dans les effets spéciaux, le jeu vidéo ou le cinéma d’animation ;
  • des écoles supérieures d’animation ou de graphisme numérique, avec un cursus de 3 à 5 ans.

La plupart de ces formations combinent cours techniques (logiciels, pipeline), culture artistique (histoire du cinéma, dessin, narration) et projets concrets en groupe. C’est souvent là que l’on découvre si l’on préfère :

  • dessiner et imaginer les personnages ;
  • animer et gérer le mouvement ;
  • travailler sur la lumière, les FX ou le compositing ;
  • ou coordonner les équipes et gérer le projet global.

Pour démarrer, un bon réflexe reste de :

  • tester un logiciel 3D gratuit comme Blender ;
  • suivre quelques tutoriels pour comprendre les bases (modélisation simple, lumière, rendu) ;
  • constituer petit à petit un portfolio de projets perso à montrer aux écoles ou aux recruteurs.

Le film 3D est donc bien plus qu’un simple gadget de cinéma. C’est un terrain de jeu pour la science, la technique et la créativité, où des équipes entières inventent des univers que l’on n’aurait jamais pu filmer dans le monde réel.

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