Les débuts chaotiques : Le Minitel rose et les premières claques
Tout commence en 1984. Fraîchement diplômé de SupInfo, Marc Simoncini se lance dans le business du Minitel. Sa première boîte, CTB, est un échec cuisant dû à un défaut de paiement d’un client. Mais le futur créateur de Meetic a du flair : il remarque que sur son jeu d’échecs en ligne, les gens préfèrent s’envoyer des messages coquins plutôt que de bouger leurs pions. C’est la révélation. On ne le sait pas toujours, mais c’est grâce à la « gaudriole » sur Minitel rose qu’il commence à bâtir son empire.
Après ce premier succès, il lance iFrance, un hébergeur de sites qu’il revend à Vivendi en 2000 pour la somme astronomique de 45 millions d’euros. Pourtant, au lieu de savourer, il sombre dans une première dépression. « C’était dur », confie-t-il au micro de RTL. Pour s’en sortir, il a besoin d’un nouveau moteur. Ce moteur, ce sera la « boîte de nuit virtuelle » la plus célèbre de France.
Meetic : La « Madeleine de Proust » qui a révolutionné la drague
En 2001, Simoncini lance Meetic. Le concept ? Offrir à ses amis célibataires « trop vieux pour draguer en club » un espace pour se rencontrer. C’est un carton planétaire. Pendant dix ans, il vit ce qu’il appelle une période extraordinaire, une véritable « madeleine de Proust ». En 2011, il cède la majorité de ses parts à Match.com, empochant une fortune estimée aujourd’hui à 500 millions d’euros.
Mais la réussite financière n’est pas synonyme de bonheur immédiat. Entre la fin de l’aventure Meetic et un divorce douloureux, il retombe dans une « vraie dépression ». Sa solution pour ne pas perdre pied ? Réinvestir massivement dans les startups des autres. Et quand il dit massivement, il ne plaisante pas.
« J’ai tout fait pour perdre ce pognon » : Le Business Angel sans filtre
C’est sans doute l’une des déclarations les plus cash de l’investisseur de Qui veut être mon associé ? sur M6. Simoncini affirme avoir réinvesti 100% de ses gains de Meetic dans des startups. « C’est le meilleur moyen de tout perdre », ironise-t-il. Il avoue qu’il aurait dû acheter des immeubles ou des hôtels pour sécuriser son capital, mais son tempérament d’entrepreneur l’a poussé vers le risque permanent.
Parmi ses investissements, on trouve des succès, mais aussi des revers cinglants :
- Le projet Aztec : Il a perdu 7 millions d’euros en tentant de lancer une dameuse « Made in France » pour concurrencer les monopoles italiens et autrichiens.
- Le vélo Angell : Sa dernière mésaventure avec un vélo électrique connecté qui a fini devant la justice après des obstacles techniques majeurs.
- Engagement éthique : Il a investi dans lentillesmoinscheres.com, mais aussi fait un don de 250 000 euros pour aider l’association Rewild à racheter un zoo.
La nouvelle mission : L’impact avant le profit
À 62 ans, Marc Simoncini change de logiciel. Fini l’entrepreneuriat pur et dur, il se définit désormais comme un « Business Angel » sélectif. Sa nouvelle règle d’or ? L’impact réel. « Je veux absolument que ce soit un dossier qui puisse avoir un impact mesurable sur la biodiversité, la nature, le climat », explique-t-il sur le plateau de M6.
Aujourd’hui, son luxe est de ne plus avoir besoin de grand-chose. Il souhaite transmettre son expérience aux plus jeunes et refuse de faire de ses enfants des « héritiers » passifs. Il leur a légué un triptyque simple : un petit capital, un appartement et un projet. Pour lui, l’argent n’est qu’un outil de liberté, pas une fin en soi. « On sera prêt à accepter l’échec en France le jour où on acceptera la réussite », conclut-il, toujours prêt à briser les tabous de la culture judéo-chrétienne sur le pognon.
















