Le lundi, nouveau roi du bien-être ?
On nous a vendu le dimanche comme le sommet de la semaine, mais les chiffres racontent une tout autre histoire. Les chercheurs de l’UCL ont analysé près d’un million d’observations provenant de 49 218 adultes entre 2020 et 2022. Le verdict est sans appel : le lundi matin est un moment de « reset » psychologique ultra-positif.
- Le bonheur et la satisfaction de vie sont statistiquement plus élevés le lundi et le vendredi que le dimanche.
- Le lundi est perçu comme une « bouffée d’air frais » et un moment de renouveau.
- Le repos du week-end permet d’attaquer la semaine avec une organisation et une motivation boostées.
Pourquoi ce décalage ? C’est l’effet « batteries pleines ». Après la décompression du samedi, le lundi représente le premier pas vers une nouvelle aventure. On se sent « gonflé à bloc », loin de la pression qui commence pourtant à monter dès le dimanche soir.
Le véritable ennemi, c’est le milieu de semaine
Si vous cherchez le vrai coupable de votre mauvaise humeur, ne regardez pas le début de la semaine, mais son centre. L’étude, publiée dans la revue BMJ Mental Health, montre que le creux de la vague se situe le mercredi et le jeudi.
« Le corps est fatigué, les tâches ingrates s’accumulent… Le week-end à venir est encore loin. Une légère déprime peut s’installer, comparable à une sensation de vide », explique Amélie Boukhobza, psychologue clinicienne.
C’est à ce moment-là que les symptômes dépressifs et l’anxiété (mesurés via les tests PHQ-9 et GAD-7) sont les plus marqués. On subit alors l’accumulation de la fatigue et la répétition des cycles « métro-boulot-dodo » sans voir encore le bout du tunnel.
Matin vs Minuit : la bataille du rythme biologique
L’heure à laquelle vous consultez votre montre joue aussi un rôle crucial sur votre santé mentale. L’étude souligne que, quel que soit le jour, nous sommes globalement programmés pour être plus optimistes au saut du lit.
- 6h00 – 9h00 : Le pic de bien-être. C’est le moment où les idées sont les plus claires.
- 18h41 : Le pic de connexion (et de fatigue sociale) constaté par ailleurs par Médiamétrie.
- Minuit : Le point critique. C’est l’heure où le moral est au plus bas et où la solitude se fait le plus ressentir.
Ce rythme est dicté par nos hormones, notamment le cortisol, qui atteint son maximum peu après le réveil pour nous donner l’énergie nécessaire à la journée, avant de s’effondrer le soir venu.
Comment hacker votre semaine pour rester « high » ?
Puisque la science a cartographié nos hauts et nos bas, on peut enfin arrêter de subir. L’idée n’est plus d’attendre le vendredi comme le Messie, mais de lisser ces variations pour ne plus sombrer le mercredi soir.
Les experts recommandent d’injecter des « micro-doses » de plaisir en plein milieu du tunnel. Un café en terrasse le mercredi matin, une séance de sport intense pour décharger la pression, ou un ciné en plein milieu de semaine suffisent à briser la monotonie qui nous use.








