Attention au simulateur Parcoursup

Le simulateur Parcoursup est l’une des nouveautés de la plateforme cette année. Son objectif est d’aider les lycéens à évaluer leurs probabilités d’intégrer une formation en fonction de leur profil académique. En renseignant leur type de bac, leurs spécialités et leur moyenne générale, les candidats obtiennent une estimation de leur taux d’admission basé sur les statistiques des années précédentes.
attention simulateur parcoursup

Les résultats sont affichés sous plusieurs catégories :

  • Rarement
  • Occasionnellement
  • Régulièrement
  • Plus de 50 % des candidats acceptés
  • Plus de 80 % des candidats acceptés

Cet outil met également en avant les spécialités les plus représentées parmi les admis. Mais ces informations doivent être interprétées avec prudence.

Des calculs parfois approximatifs

Si le simulateur apporte une aide précieuse aux lycéens, certains biais méthodologiques doivent être pris en compte. Selon Denis Choimet, professeur en CPGE scientifique au lycée du Parc à Lyon, le simulateur n’intègre pas les coefficients des matières, ce qui peut fausser l’évaluation des chances d’admission.

Certaines formations, notamment en classe préparatoire scientifique, accordent plus d’importance aux matières scientifiques qu’aux matières littéraires. Ainsi, un candidat ayant d’excellentes notes en français et en philosophie mais des résultats moyens en mathématiques pourrait voir sa moyenne gonflée artificiellement dans le simulateur, sans que cela reflète la sélectivité réelle de la formation.

Parcoursup précise d’ailleurs que la moyenne indiquée ne doit pas inclure les options ni tenir compte des coefficients. Cette uniformisation peut aboutir à des résultats encourageants mais parfois déconnectés de la réalité des admissions.

Un outil à utiliser avec recul

Pour Denis Choimet, l’outil peut être intéressant, mais il ne doit pas être utilisé comme un indicateur absolu. Il conseille aux élèves de comparer différentes formations mais d’éviter d’accorder trop de crédit aux résultats affichés.

Joël Capon, psychologue de l’Éducation nationale et directeur du CIO de Lens, met en garde contre un effet anxiogène. En effet, voir que son profil est classé en catégorie « rarement admis » peut susciter du stress et des erreurs d’interprétation. Il rappelle que l’outil doit servir de repère et non décourager les candidatures.

Ne pas s’autocensurer

L’un des principaux risques du simulateur est qu’il pousse certains élèves à l’auto-exclusion. Joël Capon insiste sur le fait que chaque dossier est unique et que l’admission dépend aussi des appréciations, de la lettre de motivation et du projet de formation.

« Il ne faut pas s’interdire de postuler à une formation sous prétexte qu’on n’a pas le profil idéal. Comme en sport, même si on ne finit pas premier, le plus important est de participer », explique-t-il.

Denis Choimet recommande donc d’utiliser le simulateur comme un guide, mais de ne pas limiter ses ambitions à cause d’un résultat défavorable.

Éviter le conformisme et élargir ses choix

Un autre piège du simulateur est qu’il peut standardiser les choix des élèves. En fonction des probabilités affichées, certains pourraient choisir une formation en fonction de leur profil statistique plutôt qu’en fonction de leurs réelles aspirations.

Selon Joël Capon, cela peut renforcer les stéréotypes de genre :

  • Les garçons pourraient privilégier des filières traditionnellement masculines.
  • Les filles pourraient être tentées de s’orienter vers des secteurs où elles sont déjà majoritaires.

Plutôt que de suivre uniquement les résultats du simulateur, il est recommandé de postuler aux formations qui plaisent vraiment, même si le taux d’acceptation semble faible. Avoir des vœux de secours reste important, mais ces derniers doivent être réellement attractifs pour l’élève.

Stratégie d’orientation : diversifier ses vœux

Pour optimiser ses chances d’admission, il est conseillé de ne pas se limiter à une seule voie et d’explorer différentes possibilités menant au même métier.

L’élève peut ainsi :

  • Formuler des vœux variés, incluant des formations avec des niveaux de sélectivité différents.
  • Décliner un même projet dans plusieurs établissements.
  • Garder une cohérence dans ses choix, tout en diversifiant les parcours possibles.

Enfin, les experts recommandent aux élèves d’échanger avec leurs professeurs, des étudiants en cours de formation et des conseillers d’orientation pour affiner leur stratégie et faire des choix éclairés.

Lire aussi : comment utiliser le simulateur Parcoursup ?

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