Une opération banale qui vire au drame
Tout part d’une hernie inguinale, une grosseur située au niveau de l’aine. Pour la traiter, Arnaud Denis subit une opération à la clinique Ambroise Paré à Paris, durant laquelle on lui pose une prothèse Medtronic en polypropylène. Ce type de filet est censé renforcer la paroi abdominale. Le chirurgien évoque de possibles douleurs chroniques, mais la réalité qui attend le comédien est d’une toute autre violence.
Dès la semaine suivant l’intervention, les complications s’enchaînent avec une brutalité inouïe. Arnaud raconte avoir vu son testicule noircir, du sang apparaître dans ses urines et ses selles, tout en subissant une perte d’audition et des troubles de la vision. Son corps semble rejeter l’intrus de toutes ses forces. En quelques mois, il perd 17 kilos, incapable de s’alimenter correctement car son système digestif ne se synchronise plus. Lui qui vivait pour la scène confie aujourd’hui ne plus avoir de vie sociale, se comparant à un patient cancéreux en phase terminale.
L’errance médicale et le coût de la vérité
Le plus dur pour le comédien n’a peut-être pas été la douleur physique, mais le mur de silence médical. Face à ses symptômes, on lui rétorque que « c’est dans la tête », qu’il fait une dépression. Les médecins français consultés assurent que son état ne peut pas être lié à l’implant. Pourtant, son testicule s’atrophie, perdant un tiers de son volume.
Poussé à bout, Arnaud Denis doit se tourner vers les États-Unis en avril 2024. Pourquoi ? Parce que les chirurgiens français ne sont pas formés à l’explantation (le retrait) de ces prothèses complexes. L’opération lui coûte 40 000 euros. Si les douleurs locales diminuent après le retrait, son état général, lui, continue d’empirer.
Le syndrome ASIA : quand le corps s’attaque à lui-même
C’est finalement un neurologue qui met un mot sur ses maux : le syndrome ASIA (Autoimmune Syndrome Induced by Adjuvants). En clair, les adjuvants de la prothèse auraient déclenché une réaction inflammatoire massive, poussant son système immunitaire à se dérégler complètement.
Ce diagnostic reste pourtant controversé. La Société française de chirurgie pariétale affirme qu’il n’existe aucune preuve scientifique liant ces prothèses à un tel syndrome dysimmunitaire. De son côté, le fabricant Medtronic maintient que son dispositif est conforme et présente un rapport bénéfice-risque positif, soulignant que les risques sont mentionnés dans les notices… des notices qu’Arnaud Denis affirme n’avoir reçues que deux ans après l’opération.
Un dernier combat pour la dignité
Arnaud Denis ne se bat plus pour guérir, mais pour partir dignement et alerter. Il a fondé un groupe Facebook rassemblant déjà 1 200 membres et 200 témoignages similaires au sien. Il réclame la création de centres spécialisés pour le retrait de ces implants, comme cela existe déjà en Angleterre ou en Australie.
Sur le plan juridique, il compte déposer plainte contre X pour « blessures involontaires » avant son départ. Il décrit cette action comme ses « dernières armes jetées dans la bataille » pour sa famille et les autres victimes. Son rendez-vous préliminaire pour l’euthanasie est fixé fin janvier en Belgique. Pour lui, la décision est prise en pleine conscience : « Un homme sait profondément en lui quand il est condamné. »








