Un dernier show en direct avec Adin Ross
Pour 6ix9ine, même la case prison doit être « instagrammable ». Avant de se constituer prisonnier, l’interprète de Gummo a passé ses dernières heures en compagnie du célèbre influenceur Adin Ross. Lors d’une diffusion en direct de près de deux heures, les fans ont pu assister à une scène surréaliste où un autre créateur de contenu, Stephen Deleonardis, a aidé le rappeur à couper son bracelet électronique à la pince coupante.
L’ambiance, d’abord festive dans le van de luxe qui les conduisait vers Sunset Park — chantant à tue-tête sur du Justin Bieber — a brutalement changé à l’approche du centre de détention. Le visage fermé, Hernandez a fait ses adieux à son équipe à 14 heures précises. Adin Ross n’a pas caché son émotion face à la caméra une fois son ami parti : « C’est vraiment p***** de triste. C’est horrible, mec. »
MDC Brooklyn : une prison surnommée « l’enfer sur terre »
Le rappeur ne rejoint pas n’importe quel établissement. Le Metropolitan Detention Center de Brooklyn traîne une réputation sinistre. Souvent critiqué pour ses conditions de détention insalubres, sa violence endémique et ses problèmes sanitaires, le lieu a été qualifié d' »enfer sur terre » par plusieurs magistrats et avocats.
Ce qui rend ce séjour particulièrement notable, c’est le « casting » actuel des détenus. En entrant au MDC, Tekashi 6ix9ine rejoint une liste de prisonniers de très haut profil. Il partage désormais les murs de l’établissement avec le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, ainsi qu’avec Luigi Mangione, accusé du meurtre du PDG de United Healthcare. Par le passé, des personnalités comme R. Kelly, Ghislaine Maxwell ou encore Sean « Diddy » Combs y ont séjourné.
Compte tenu de son passé de collaborateur de justice — il avait témoigné contre le gang des Nine Trey Gangsta Bloods en 2018 pour réduire sa peine — son avocat a confirmé que Hernandez serait placé à l’isolement, séparé de la population générale pour sa propre sécurité.
Pourquoi retourne-t-il derrière les barreaux ?
Cette nouvelle condamnation sanctionne plusieurs violations de sa liberté surveillée. La justice reproche à l’artiste une série de dérapages qui prouvent, selon le juge, son incapacité à respecter les règles malgré la clémence passée. Parmi les faits reprochés :
- La possession de substances illicites (cocaïne et méthamphétamine), découvertes lors d’une perquisition à son domicile de Miami.
- Une agression physique dans un centre commercial, où le rappeur a frappé un homme qui l’avait provoqué en le traitant de « balance ».
- Des déplacements non autorisés, comme un voyage à Las Vegas sans la permission de son agent de probation.
Bien que les procureurs fédéraux aient réclamé une peine plus lourde, le juge a opté pour une sentence de trois mois, qualifiant tout de même le parcours de réinsertion du rappeur de « véritable désastre ».
Régime Oreo et transformation personnelle
Aussi étrange que cela puisse paraître, Tekashi 6ix9ine aborde cette détention avec un optimisme déconcertant. Selon ses déclarations rapportées avant son incarcération, il voit ces 90 jours comme une opportunité de « reset » total. Son objectif affiché ? Une transformation physique radicale.
« Il a l’intention de consacrer son temps à la discipline personnelle, à l’entraînement physique et à l’amélioration de sa santé globale », a déclaré Cecilia Velázquez, sa porte-parole.
Cependant, la méthode évoquée par l’artiste laisse les nutritionnistes perplexes. Pesant actuellement 86 kilos, il a déclaré vouloir descendre à 54 kilos en ne mangeant qu’une seule boîte de biscuits Oreo par jour durant sa détention. Un régime draconien et potentiellement dangereux qui témoigne, une fois de plus, de la relation complexe de l’artiste avec la réalité et la santé.
L’après-prison : un retour à la musique ?
C’est la deuxième fois que Daniel Hernandez se retrouve incarcéré depuis l’affaire fédérale de racket et d’armes à feu de 2018 qui lui avait valu deux ans de prison. Libéré prématurément en 2020 à cause de la pandémie de COVID-19, il n’a cessé depuis de flirter avec la ligne rouge, écopant même de 45 jours de prison en 2024.
Pour son équipe, cette peine doit marquer la fin d’un cycle chaotique. L’artiste affirme vouloir « tourner la page » et se concentrer sur l’écriture de nouveaux morceaux et la planification d’une future tournée. Reste à savoir si l’environnement hostile du MDC Brooklyn lui permettra réellement de trouver la discipline qu’il recherche, ou s’il ne s’agit que d’un chapitre de plus dans la saga judiciaire sans fin de l’enfant terrible du rap new-yorkais.








