Qu’est-ce que le label DD&RS ?

Tu es en pleine recherche d’orientation ou de réorientation et l’engagement écologique de ton futur campus est un critère non-négociable ? Tu as raison. Mais entre les plaquettes publicitaires sur papier glacé et la réalité du terrain, il y a parfois un monde. C’est là qu’intervient le label DD&RS. Véritable boussole dans la jungle de l’enseignement supérieur, ce label garantit que les écoles et universités ne se contentent pas de slogans, mais agissent concrètement pour la transition.
label ddrs

C’est quoi exactement le label DD&RS ?

Derrière cet acronyme un peu barbare se cachent deux piliers essentiels : le Développement Durable et la Responsabilité Sociétale. Créé en 2015, ce dispositif est spécifiquement taillé pour le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Contrairement à des labels marketing que l’on peut parfois acheter, le DD&RS est le fruit d’une construction collective exigeante impliquant la Conférence des Grandes Écoles, France Universités, le ministère de la Transition écologique et le ministère de l’Enseignement supérieur.

L’objectif est clair : identifier et valoriser les établissements qui ont intégré la transition écologique et sociale partout, de la salle de cours à la chaufferie, en passant par la gouvernance. Ce n’est pas un label de « bonnes intentions » ou de promesses lointaines, mais un label de réalisation. Pour l’obtenir, l’école doit prouver ce qu’elle avance.

Les 5 critères impitoyables du label

Pour décrocher ce précieux sésame, valable quatre ans, un établissement doit se mettre à nu. Il est évalué sur un référentiel national aligné sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU. L’évaluation ne se limite pas à savoir si la cafétéria trie ses déchets. Elle scanne l’école à travers cinq axes majeurs.

1. Stratégie et Gouvernance

C’est la base. L’école a-t-elle un plan d’action chiffré ? Y a-t-il un budget spécifiquement alloué à la transition ? Des référents ont-ils été nommés ? Ce critère vérifie que le développement durable n’est pas une option périphérique, mais bien le cœur du réacteur stratégique de la direction.

2. Enseignement et Formation

C’est sans doute le point le plus important pour toi. L’établissement intègre-t-il les enjeux climatiques dans le tronc commun des cours, ou est-ce réservé à une option obscure ? L’objectif est de s’assurer que tous les diplômés, qu’ils soient ingénieurs, managers ou chercheurs, sortent avec un bagage solide sur ces questions.

3. Recherche et Innovation

Ici, on regarde ce qui se passe dans les laboratoires. Les projets de recherche ont-ils un impact sociétal ou environnemental positif ? Les méthodes utilisées sont-elles durables ? L’école doit prouver qu’elle contribue, par la science, à résoudre les problèmes de demain.

4. Gestion Environnementale

C’est le volet le plus visible au quotidien. On parle ici de la gestion des déchets, de la mobilité douce, mais surtout de l’énergie. Les critères sont stricts : les établissements doivent produire un bilan carbone régulier et viser une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5 % par an. Rénovation des bâtiments, sobriété énergétique, tout est passé au crible.

5. Politique Sociale

L’écologie ne va pas sans le social. Ce dernier axe évalue la qualité de vie sur le campus, l’égalité femmes-hommes, l’inclusion des personnes en situation de handicap et la lutte contre toutes les formes de discriminations.

Un processus de contrôle qui ne laisse rien passer

Obtenir le label DD&RS, c’est un marathon, pas un sprint. Le processus est géré par le CIRSES (Collectif pour l’Intégration de la Responsabilité Sociétale dans l’Enseignement Supérieur) et se veut particulièrement rigoureux. Tout commence par une phase d’auto-évaluation où l’école doit renseigner plus de 70 indicateurs sur la plateforme PERSEES et, surtout, fournir les preuves de chaque affirmation.

Une fois le dossier admissible, l’audit commence. C’est là que le dispositif est unique : l’audit n’est pas seulement réalisé par des experts professionnels, mais aussi par des étudiants formés. En effet, le RESES (Réseau des Étudiants pour une Société Écologique et Solidaire) forme des étudiants auditeurs qui intègrent les équipes d’évaluation. Ils visitent les locaux, interrogent le personnel et vérifient que la réalité correspond au dossier. Si une école prétend favoriser le vélo mais n’a aucun garage sécurisé, les auditeurs étudiants ne le rateront pas.

Les auditeurs vérifient les preuves concrètes d’avancement de l’établissement. Ce n’est pas un label de promesses. — Geoffroy Belhenniche et Valérie Le Chenadec, coprésidents du comité de labellisation.

Pourquoi c’est important ?

Choisir un établissement labellisé DD&RS, ce n’est pas juste pour se donner bonne conscience. Cela a des impacts directs sur tes années d’études et ton insertion professionnelle.

  • Une formation à jour : Tu as la garantie d’acquérir des compétences en développement durable, de plus en plus demandées par les recruteurs.
  • Un campus plus agréable : Espaces verts préservés, alimentation saine et responsable, bâtiments mieux isolés… la qualité de vie étudiante est souvent supérieure.
  • L’engagement étudiant valorisé : Dans ces écoles, les initiatives associatives en faveur du climat sont souvent mieux soutenues, notamment via la CVEC (Contribution de vie étudiante et de campus).
  • Une opportunité de CV : Tu peux toi-même devenir auditeur étudiant pour le label. C’est une expérience en or pour prouver tes compétences en audit et en RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) dès la sortie de l’école.

Où en est-on aujourd’hui ?

Début 2026, on compte plus de 70 établissements labellisés en France. La dynamique s’accélère sous l’impulsion du Plan climat-biodiversité du ministère, qui vise à ce que 100 % des établissements se soient saisis du référentiel d’ici 2027. Parmi les nouveaux venus cette année, on note par exemple l’arrivée de la Clermont School of Business.

Attention cependant, le label n’est pas une garantie de perfection absolue. C’est un indicateur de maturité et de progrès. Une école non labellisée peut très bien mener des actions formidables mais n’avoir pas encore lancé la démarche administrative, qui est lourde. À l’inverse, une école labellisée qui se reposerait sur ses lauriers risquerait de perdre son statut au bout de quatre ans, car le renouvellement n’est pas automatique.

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