« Mike ferme la porte du sous-sol » : la fin d’une ère
Si vous espériez voir une réunion des acteurs dans dix ou vingt ans pour une suite nostalgique façon « Ça : Chapitre 2 », vous allez être déçus. Les frères Duffer ont été particulièrement fermes lors de leur échange avec The Hollywood Reporter. Pour eux, Stranger Things a toujours été conçu comme un récit initiatique, une métaphore du passage à l’âge adulte. Une fois cette transition effectuée, étirer l’intrigue n’aurait plus aucun sens narratif.
Matt Duffer illustre cette fin avec une image forte qui résonnera chez tous ceux qui ont grandi avec la série :
« Mike ferme la porte du sous-sol. Nous tournons la page sur cette histoire. C’est la fin de leur histoire. C’est la fin de l’histoire de Mike, Eleven, Joyce et Hopper. Nous avons fini de dire tout ce que nous voulions dire sur ces personnages. »
Plus encore, les créateurs refusent catégoriquement de céder à la facilité financière. L’idée de voir nos héros gérer des problèmes d’adultes ou la crise de la cinquantaine les rebute au plus haut point. Avec un franc-parler rafraîchissant, ils ont balayé l’idée d’un « revival » futur qui ne serait, selon eux, qu’une « grossière tentative de gagner de l’argent ». La perspective d’un « Grand-père Hopper » semble même les amuser, tant elle leur paraît ridicule et déconnectée de l’ADN de la série.
Un final qui divise et des trous dans la raquette
Cette confirmation de fin définitive passe d’autant plus mal que le « Chapitre Huit : Le Monde à l’endroit » n’a pas fait l’unanimité. Victime d’un certain « review bombing », cet ultime épisode a laissé de nombreux fans sur leur faim. La critique principale ? Trop de questions sans réponses et des arcs narratifs abandonnés en cours de route.
Parmi les frustrations majeures relevées par la communauté (et confirmées par nos confrères de Jeuxvideo.com), la gestion de l’armée reste un point noir. Alors que les militaires et les laboratoires gouvernementaux étaient des antagonistes majeurs depuis la saison 1, ils semblent s’être volatilisés après la destruction du Monde à l’envers. Ross Duffer a tenté de justifier cette absence en expliquant qu’après 18 mois et la disparition d’Eleven, l’armée a « simplement démantelé ses opérations ». Une explication jugée « faible » par beaucoup, considérant les enjeux et les dégâts causés par les héros face aux soldats.
Autre point de tension : la mythologie de Vecna. Si l’on sait comment Henry est devenu le monstre, l’origine précise de ses pouvoirs et de la mystérieuse « pierre » trouvée dans la mine reste floue. C’est là que la stratégie de Netflix se dessine : frustrer pour mieux teaser la suite.
Non à la saison 6, oui au Spin-off « correctif »
Si la porte est fermée pour Mike et Eleven, la fenêtre reste grande ouverte pour l’univers. Les Duffer ne lâchent pas leur bébé, ils changent simplement de format et de temporalité. Deux projets majeurs sont déjà sur les rails pour combler les vides laissés par le final.
L’animation pour la nostalgie : « Chroniques de 1985 »
Pour ceux qui ne peuvent pas se passer du casting original, Netflix lancera cet été Stranger Things : Tales From ’85 (Chroniques de 1985). Il s’agit d’une série d’animation située chronologiquement entre la saison 2 et la saison 3. L’objectif est clair : prolonger le plaisir de la dynamique de groupe « enfants contre monstres » sans les contraintes de vieillissement des acteurs réels.
Le Live-Action pour les réponses : une nouvelle mythologie
C’est ici que les choses deviennent intéressantes pour les « lore masters ». Un spin-off en prises de vues réelles est en développement. Matt Duffer promet une « mythologie entièrement nouvelle ». Attention, il ne s’agira pas de revoir le Flagelleur Mental ou de retourner dans le Monde à l’Envers tel qu’on le connaît. L’idée est d’explorer de nouveaux horizons avec de nouveaux personnages.
Cependant, ce spin-off aura la lourde tâche de répondre aux questions laissées en suspens par la série mère. Matt Duffer a confirmé que cette nouvelle série expliquerait notamment les origines de la fameuse pierre en forme de mallette et les zones d’ombre de la mémoire d’Henry. Ce projet est décrit comme une « page blanche » mais conservera « l’esprit Stranger Things ». Aucune date de sortie n’est encore annoncée, mais c’est officiellement là que se trouve la véritable suite spirituelle de l’œuvre.
En résumé : Stranger Things est mort, vive Stranger Things. Les créateurs ont choisi l’intégrité artistique plutôt que le fan-service facile, quitte à laisser quelques cicatrices narratives qui ne seront soignées que par de futures productions.








