La machine à rêves : du HLM à la Lamborghini
Si vous avez entre 16 et 30 ans, vous n’avez pas pu passer à côté. Yomi Olaniyi, de son vrai nom, c’est le mythe du « self-made-man » 2.0. Son histoire est rodée comme un scénario hollywoodien : un étudiant suisse sans le sou qui, en un an, bâtit une fortune colossale grâce au e-commerce et au dropshipping.
Aujourd’hui, il revendique un patrimoine de 50 millions d’euros. Sur ses réseaux, tout est fait pour vous faire saliver : villas de luxe, montres hors de prix et concours pour gagner des Rolex. Comme l’analyse le site Les Formations Trading, Yomi est avant tout un as du marketing émotionnel. Il appuie là où ça fait mal : votre frustration financière et votre envie de liberté.
Mais attention, le rêve a un prix. Et le passage du contenu gratuit (très qualitatif sur YouTube) au contenu payant est une mécanique de précision redoutable.
Tony Parker, l’IA et la facture à 7000 euros
Après avoir surfé sur la vague du dropshipping, Yomi Denzel a pivoté vers la nouvelle ruée vers l’or : l’Intelligence Artificielle. Pour crédibiliser son offre, il n’hésite pas à s’entourer de stars. Récemment, c’est Tony Parker qui est apparu à ses côtés pour promouvoir un « business IA » censé rapporter 10 000 euros par mois.
La stratégie est toujours la même : un « bootcamp » gratuit pour vous mettre l’eau à la bouche, suivi d’une offre payante pour ceux qui veulent la « vraie » recette. Et là, l’addition est salée. Selon une enquête du journal Le Temps, pour accéder au Graal, il faut débourser entre 3 000 et 7 000 euros.
« Je voulais devenir riche facilement et rapidement. Ils nous vendent du rêve. »
C’est ce que confie Jayson, 22 ans, interrogé par L’ADN. Pour cet étudiant, la désillusion a été brutale, qualifiant même certaines promesses de « bullshit ». Car ce que le marketing omet souvent de dire, c’est qu’il y a des coûts cachés : abonnements aux logiciels, budget publicitaire, frais annexes…
Génie ou mirage ? Les avis sont tranchés
Alors, est-ce une arnaque ou une véritable opportunité ? La réalité est nuancée. Franck, un entrepreneur interrogé par L’ADN, se dit satisfait de son investissement, saluant la qualité des intervenants et la densité du contenu. Pour lui, ceux qui échouent sont ceux qui cherchent une « formule magique » sans vouloir travailler.
Cependant, les chiffres appellent à la prudence. Le taux d’échec dans le e-commerce avoisine les 95 %. Le marché est saturé et la concurrence est féroce. Si la formation apporte des bases solides en marketing digital, elle ne garantit en rien la richesse promise dans les vidéos promotionnelles.
Yomi Denzel vend des pelles aux chercheurs d’or. C’est un business model brillant pour lui, mais risqué pour vous. Avant de lâcher vos économies ou celles de vos parents, rappelez-vous que sur Internet, si ça semble trop facile, c’est que ça l’est rarement.








