Violences, haine et abus de faiblesse : un dossier lourd
Le parquet de Nice a tranché : Owen C. (alias Naruto, 26 ans) et Safine H. (23 ans) devront répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel le 6 juillet 2026. Les chefs d’accusation font froid dans le dos. Les deux hommes sont poursuivis pour violences en réunion, abus de faiblesse, et provocation à la haine en raison du handicap ou de l’orientation sexuelle.
L’enquête préliminaire, ouverte dès décembre 2024, visait des vidéos montrant des scènes de violences extrêmes diffusées en direct. Selon le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, les prévenus sont également soupçonnés de violences avec arme sur mineurs de moins de 15 ans et de diffusion d’images de violences.
L’ombre de Jean Pormanove plane sur le tribunal
Ces deux influenceurs niçois étaient les partenaires de Raphaël Graven, plus connu sous le pseudo de Jean Pormanove. Ce dernier est mort en août 2025 après un direct marathon de 12 jours sur la plateforme Kick, durant lequel il apparaissait violenté et humilié. Si l’autopsie a conclu à un décès sans intervention de tiers, les méthodes du groupe ont choqué le web.
Sur leur chaîne suivie par près de 200 000 personnes, Jean Pormanove subissait des insultes, des coups, et se faisait même tirer dessus avec des billes de paintball sans protection. À l’époque, les streamers se défendaient en affirmant qu’il s’agissait de simples « mises en scène pour faire le buzz et gagner de l’argent ». La justice semble aujourd’hui avoir une lecture bien différente de ces événements.
Kick dans le viseur de la justice française
L’affaire ne s’arrête pas aux deux streamers niçois. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire contre la plateforme Kick et ses gérants, actuellement basés en Australie. Des mandats d’arrêt ont été requis suite à leur refus de se présenter aux convocations de la justice française.
La plateforme est notamment visée pour non-assistance à personne en danger, non-empêchement de crime et blanchiment en bande organisée. Les enquêteurs cherchent à clarifier les liens économiques opaques entre Kick et la chaîne de Jean Pormanove. En attendant, le rendez-vous est pris le 6 juillet à Nice pour un procès qui s’annonce comme celui des dérives les plus sombres du streaming mondial.








