LFI veut instaurer 7 nouveaux jours fériés

Pour s’opposer au projet de loi visant à faire travailler certains secteurs le 1er mai, les députés de La France insoumise contre-attaquent avec une proposition radicale : ajouter sept nouveaux jours fériés au calendrier.
jour férié lfi

Moins de boulot, plus d’histoire : le plan des Insoumis

Alors que l’Assemblée nationale examine ce vendredi 10 avril une proposition de loi pour autoriser les boulangers ou fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er mai, la gauche monte au créneau. Pour Thomas Portes et Mathilde Panot, pas question de « désacraliser » la fête du Travail. Au contraire, ils veulent que l’on se repose davantage.

Pourquoi sept jours de plus ? LFI s’appuie sur des chiffres de l’OCDE : avec 11 jours fériés, la France est sous la moyenne européenne (12 jours). Pire, selon leurs amendements, un travailleur français totalise 1 491 heures par an, soit plus que les Allemands, les Suédois ou les Hollandais.

  • Le 16 janvier : Anniversaire de la 5e semaine de congés payés (1982).
  • Le 4 février : Abolition de l’esclavage (1794).
  • Le 18 mars : Hommage à la Commune de Paris.
  • Le 26 juin : Mémoire de la répression ouvrière de 1848.
  • Le 4 août : Abolition des privilèges de la noblesse (1789).
  • Le 22 septembre : Proclamation de la Première République.

« Cela fait donc 44 ans que les salariés de France n’ont pas bénéficié de davantage de congés payés. » — Exposé des motifs du groupe La France insoumise.

Le 30 juillet bientôt férié pour… vos potes ?

C’est sans doute la proposition la plus insolite du lot. Les députés insoumis souhaitent instaurer un jour férié le 30 juillet pour célébrer les « amitiés ». Loin d’être une simple excuse pour faire un barbecue, l’amitié est ici présentée comme un acte militant et social.

Pour le groupe de gauche, célébrer nos liens amicaux est un outil contre le patriarcat et un moyen de favoriser la solidarité. C’est, selon leurs termes, une « notion politique au potentiel révolutionnaire ». Une manière de rappeler que la vie ne se résume pas au métro-boulot-dodo, mais aussi aux relations humaines qui nous construisent.

« Priver un seul salarié d’un jour férié, c’est priver ses proches d’un temps partagé avec lui et priver la société de son activité au service du bien commun. » — Thomas Portes, député LFI.

Le 1er mai sous tension à l’Assemblée

En réalité, cette pluie d’amendements (plus de 100 déposés par LFI) sert aussi de stratégie d’obstruction parlementaire. Le but ? Ralentir l’adoption du texte porté par le groupe Ensemble pour la République (EPR), qui souhaite lever le « flou juridique » entourant l’ouverture des commerces de détail alimentaire le 1er mai.

Actuellement, de nombreux boulangers ou fleuristes ouvrent ce jour-là sur la base du volontariat, mais risquent des procès-verbaux car la loi de 1947 reste très stricte. Le camp macroniste veut donc clarifier la situation pour éviter les fermetures par peur des sanctions, tandis que les syndicats et la gauche y voient une brèche dangereuse dans les acquis sociaux.

  • Le projet de loi : Travail le 1er mai autorisé pour les commerces alimentaires et culturels (cinémas, théâtres).
  • La compensation : Rémunération obligatoirement doublée et volontariat requis.
  • L’enjeu : Une application possible dès le 1er mai 2026 si le texte est adopté rapidement.

Entre la volonté de « sécurité juridique » de la majorité et la volonté de « République sociale » des Insoumis, le débat de ce vendredi s’annonce électrique. Si les sept nouveaux jours fériés ont peu de chances de voir le jour immédiatement, ils relancent le débat sur le temps de travail en France.

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