Une amende record mais pas de retour en cellule
C’est le verdict que tout le monde attendait du côté de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. Marco Mouly, 60 ans, figure emblématique de la série « D’Argent et de sang », vient d’ajouter une nouvelle ligne à son casier judiciaire. Si la sentence est lourde financièrement, le président de la JIRS a été très clair : la peine de trois ans de prison prononcée ne pourra pas être exécutée.
Pourquoi une telle décision ? La loi française est stricte sur le cumul des peines. Le « roi de l’arnaque » a déjà passé dix ans derrière les barreaux, ce qui correspond au maximum légal prévu par le Code pénal pour ce type d’infractions. En clair, l’homme est « au taquet » de ce qu’il peut purger en prison.
« Marco Mouly a déjà effectué le maximum légal prévu par le Code pénal, à savoir dix ans de prison », a précisé le président du tribunal lors de l’énoncé du délibéré.
Un vieux dossier de fraude à la TVA qui refait surface
Si vous pensiez que cette affaire était liée à la célèbre taxe carbone, détrompez-vous. On remonte ici en octobre 2006, à Saintes, en Charente-Maritime. À l’époque, le business des téléphones portables est en pleine explosion. Orange, SFR et Bouygues passent par des distributeurs indépendants pour vendre leurs forfaits, et c’est là que le mécanisme s’est grippé.
Les enquêteurs ont mis au jour un système de « carrousel à la TVA ». Le principe est simple mais redoutable :
- Utiliser des sociétés « intercalaires » pour facturer de la TVA.
- Obtenir des remboursements indus ou des crédits fictifs auprès du fisc.
- Répercuter ces gains sur les prix de vente pour casser le marché et générer des volumes massifs.
- Faire disparaître les fonds via des flux financiers complexes vers l’étranger.
L’addition est salée pour l’influenceur
Aujourd’hui reconverti en influenceur sur les réseaux sociaux, Marco Mouly ne va pas pouvoir se contenter de likes pour régler ses comptes avec la justice. En plus de son amende personnelle de 300 000 euros, il est condamné « solidairement » avec sept de ses co-prévenus. Ensemble, ils doivent rendre 5 millions d’euros à l’État français.
Le procès, qui s’est tenu entre janvier et février 2026, a brassé des dizaines de milliers de pages de dossiers. Sur les treize hommes initialement visés par la procédure, deux ont finalement été relaxés par le tribunal de Rennes. Pour les autres, dont certains sont aujourd’hui âgés de plus de 80 ans, le verdict marque la fin d’un feuilleton judiciaire qui aura duré deux décennies.
Cette vaste affaire d’escroquerie en bande organisée avait été révélée il y a près de vingt ans suite à un simple litige entre associés.
Pour Marco Mouly, cette condamnation sonne comme un rappel : même les dossiers les plus anciens finissent par rattraper les fantômes du passé. Entre ses apparitions médiatiques et sa vie d’influenceur, celui qui a inspiré le personnage incarné par Vincent Lindon à l’écran doit maintenant faire face à une réalité bien concrète et très coûteuse.








