D’un spot viral à une icône de marque : le pari gagnant
C’est l’histoire d’un succès que personne n’avait vraiment vu venir à cette échelle. Diffusé pour les fêtes de fin d’année, le court-métrage d’animation réalisé par l’agence française Illogic a touché une corde sensible universelle. Le scénario est pourtant simple mais redoutablement efficace : un loup aux yeux jaunes, prédateur solitaire et rejeté, décide de changer de régime alimentaire pour briser sa solitude. Fini la chasse, place à la cuisine. On le voit apprendre à mitonner des soupes, des gratins et des quiches pour finalement se faire accepter par les lapins et autres écureuils de la forêt.
Au-delà de la prouesse technique de l’animation, c’est le message de tolérance et d’inclusion qui a transformé cette campagne en raz-de-marée viral. La bande-son, une reprise dépoussiérée du tube de Claude François, a fini d’ancrer le personnage dans la culture pop. Thierry Cotillard, le patron du groupement Les Mousquetaires, ne s’y est pas trompé. Invité au micro de RTL, il a confirmé que l’impact a dépassé toutes les espérances du groupe :
« On sait qu’on a gagné dans la cote d’amour de l’enseigne, c’est-à-dire qu’on a embarqué tous les Français, toutes les générations. Je pense que certains sont venus voir s’il n’y avait pas la peluche et comme elle n’était pas là, ils reviendront l’année prochaine ! »
Ce capital sympathie est une mine d’or pour la grande distribution, un secteur souvent jugé froid ou purement transactionnel. Transformer ce loup en mascotte pérenne est donc une décision stratégique majeure. L’objectif ? Créer un lien émotionnel durable, bien au-delà de la période de Noël.
C’est officiel : le loup signe un CDI chez Intermarché
Les rumeurs allaient bon train sur les réseaux sociaux, mais l’annonce est désormais officielle. Thierry Cotillard a mis fin au suspense : oui, le loup va s’installer durablement dans l’univers de la marque. Ce n’est pas un « one-shot ». Les équipes marketing travaillent déjà sur la suite des aventures de ce personnage atypique.
L’idée est d’associer l’image d’Intermarché à ce personnage « pendant un paquet d’années », selon les mots du directeur. On peut donc s’attendre à voir débarquer notre loup végétarien dans les prochaines campagnes, que ce soit pour Pâques, la rentrée ou les prochaines fêtes de fin d’année. C’est un changement de paradigme pour l’enseigne qui tenait là, sans le savoir au départ, l’ambassadeur parfait pour ses messages sur le « mieux manger » et la transition alimentaire, incarnés par ce carnivore devenu fan de légumes.
La peluche tant attendue : pourquoi il faudra patienter jusqu’à Noël 2026
C’est la question qui brûle les lèvres de tous ceux qui ont craqué pour la bouille du loup : où peut-on l’acheter ? Si vous espériez trouver la peluche en rayon dès maintenant, c’est la douche froide. La commercialisation est confirmée, mais le calendrier, lui, impose la patience. Intermarché a annoncé que la peluche ne sera disponible qu’à partir de Noël 2026.
Pourquoi un tel délai alors que la « hype » est à son comble ? La réponse tient en deux mots : cohérence et responsabilité. Pas question pour l’enseigne de faire fabriquer des millions de peluches à la va-vite à l’autre bout du monde. Le groupe a lancé des appels d’offres auprès de deux sociétés françaises pour assurer une production locale ou européenne. Thierry Cotillard a précisé la feuille de route :
- Production : Elle sera réalisée en France ou en Europe.
- Volume : L’enseigne s’attend à un « carton » et prévoit d’en écouler plusieurs dizaines de milliers.
- Priorité solidaire : Une première série de 100 peluches sera produite en priorité pour être distribuée à des associations aidant les enfants hospitalisés.
C’est un pari risqué de faire attendre les consommateurs un an, au risque que le buzz retombe. Mais c’est aussi un gage de qualité et d’éthique qui colle à l’image que le loup véhicule. « Les Français attendront, mais quand elle va sortir, ce sera un carton », assure confiant le patron des Mousquetaires.
Pas d’IA pour le loup : quand l’authenticité prime sur le buzz
Dans cette euphorie, Intermarché a aussi dû poser des limites. Surfant sur le succès, l’enseigne avait brièvement envisagé un partenariat avec Photomaton pour permettre aux clients de se prendre en photo avec le loup grâce à l’intelligence artificielle générative. Des cabines dans les galeries marchandes auraient pu incruster la mascotte aux côtés des clients.
Mais le projet a été tué dans l’œuf. La raison ? Une incompatibilité de valeurs. La publicité originale a été saluée pour son artisanat, son animation soignée et son « âme », réalisée par des artistes humains. Recourir à l’IA pour générer des images à la chaîne a été jugé contradictoire avec le message d’authenticité de la campagne. « Nous avons découvert que le projet avec Photomaton recourait à l’IA, ce qui entrait en contradiction directe avec le message de notre précédente campagne publicitaire », a expliqué un représentant du groupe.
Une décision rare à l’heure où toutes les marques se ruent sur l’IA, mais qui prouve qu’Intermarché souhaite protéger l’intégrité de sa nouvelle mascotte. Le loup restera donc une création artistique, et non un produit d’algorithme. Une preuve de plus que ce « mal-aimé » est traité avec beaucoup d’égard par ses nouveaux propriétaires.








