Un appel FaceTime qui vire au cauchemar
Imaginez la scène. Il est environ 2 heures du matin à Londres, le 18 janvier 2025. Une jeune femme, dont l’anonymat est protégé par la justice britannique, lance un appel vidéo à son ami étudiant aux États-Unis. Cet ami, c’est Barron Trump, le fils cadet du président américain.
Ce qui devait être une discussion banale entre deux jeunes gens qui se sont rencontrés sur les réseaux sociaux bascule en quelques secondes. Comme l’a révélé le procès en cours au tribunal de Snaresbrook, Barron décroche son téléphone en s’attendant à un « bonjour ».
Au lieu de cela, l’écran ne lui renvoie qu’une image floue du plafond. En fond sonore, l’horreur : des cris de détresse. L’étudiant de 19 ans aperçoit brièvement le visage d’un homme, puis la caméra se tourne vers son amie. Elle est en pleurs, en train de subir des violences.
Face à cette situation critique, on pourrait croire que la distance est un obstacle infranchissable. Pourtant, c’est précisément le sang-froid du jeune homme qui va tout changer. Plutôt que de paniquer ou de tenter d’interpeller l’agresseur via l’écran — ce qui, selon ses propres mots, « n’aurait fait qu’empirer la situation » — il compose immédiatement le 999, le numéro d’urgence britannique.
La transcription glaçante de l’appel au 999
Les jurés du tribunal londonien ont pu écouter l’enregistrement de cet appel transatlantique. Le contraste est saisissant entre le protocole rigide de l’opérateur britannique et l’urgence absolue ressentie par Barron Trump.
On y entend le jeune homme insister, la voix chargée de tension :
« Je viens de recevoir un appel d’une fille que je connais, elle est en train de se faire tabasser. C’est vraiment une urgence, s’il vous plaît. »
La scène devient presque surréaliste lorsque l’opérateur, suivant sa procédure, demande des détails administratifs sur la relation entre les deux amis. Barron, focalisé sur la sécurité de la victime, s’agace de ces questions qu’il juge secondaires alors que les coups pleuvent à 6 000 kilomètres de là.
L’opérateur ira même jusqu’à lui reprocher d’être « impoli ». La réponse de Barron est sans appel : « Elle est en train de se faire tabasser violemment et l’appel date d’il y a environ 8 minutes, je ne sais pas ce qui a pu se passer d’ici là. Donc désolé d’être impoli. »
Cette obstination a payé. Les policiers sont dépêchés sur place, dans l’est de Londres. À leur arrivée, ils informent la victime qu’une personne aux États-Unis a donné l’alerte. Encore sous le choc, la jeune femme révèle alors l’identité de son sauveur : « Je suis amie avec Barron Trump ».
« Un signe de Dieu » : le témoignage bouleversant de la victime
Aujourd’hui, l’affaire est entre les mains de la justice. Sur le banc des accusés se trouve Matvei Rumianstev, un ancien combattant de MMA de 22 ans et ex-petit ami de la victime. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation graves, dont deux viols et des coups et blessures. Il nie les faits, son avocate plaidant que le récit est une « pure invention ».
Pourtant, le mobile évoqué lors des audiences fait froid dans le dos : la jalousie pure. L’accusé n’aurait pas supporté l’amitié entre sa compagne et le fils de Donald Trump. C’est d’ailleurs cet appel FaceTime qui aurait déclenché sa fureur ce soir-là.
Pour la victime, il n’y a aucun doute sur le rôle décisif joué par son ami américain. Devant la cour, elle a eu ces mots forts : « Il m’a aidée à sauver ma vie. Cet appel était comme un signe de Dieu à ce moment-là ».








