Disparition dans l’Aisne : les 4 jeunes retrouvés, le majeur en garde à vue

C’est le dénouement que tout le monde attendait avec impatience : les quatre jeunes disparus dans l’Aisne depuis une semaine ont été retrouvés sains et saufs ce jeudi, mais l’escapade pourrait coûter cher au conducteur.
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Une semaine de silence radio qui se termine bien

On peut enfin souffler. Depuis le jeudi 15 janvier, l’inquiétude montait crescendo pour les proches de Léa, Margaux, Clément et Thomas. Ces quatre amis, originaires de l’Aisne, de la Marne et du Val-d’Oise, s’étaient volatilisés dans la nature sans laisser la moindre trace. Plus de son, plus d’image, et surtout des téléphones portables éteints qui empêchaient toute géolocalisation.

La bonne nouvelle est tombée ce jeudi 22 janvier en début d’après-midi. La gendarmerie de l’Aisne a officiellement confirmé la fin des recherches. Les quatre compères ont été localisés dans le département voisin des Ardennes, du côté de Givet, une petite commune située à une centaine de kilomètres de chez eux, tout près de la frontière belge.

Les autorités se veulent rassurantes sur leur état de santé. Malgré une semaine d’errance supposée, les trois mineurs de 16 ans et le jeune majeur de 20 ans vont bien. Ils ont été pris en charge rapidement pour retrouver leurs familles respectives, mettant fin à sept jours d’angoisse absolue pour leurs parents.

La piste de la « fugue coordonnée » confirmée

Dès les premiers jours, l’hypothèse d’une mauvaise rencontre avait été écartée au profit de celle d’une fugue organisée. Et pour cause : ils sont partis ensemble, à bord de la Peugeot 206 blanche appartenant à Thomas, le seul majeur du groupe.

C’est d’ailleurs grâce à la mobilisation citoyenne et numérique que l’étau s’est resserré. Suite à l’appel à témoins massivement relayé sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes avaient signalé avoir aperçu le véhicule blanc circulant dans le secteur de Charleville-Mézières.

Ces signalements ont permis aux forces de l’ordre de cibler leurs recherches. La gendarmerie a d’ailleurs tenu à remercier les internautes pour leurs « très nombreux partages » qui ont facilité cette « parfaite coordination opérationnelle ». C’est la preuve, encore une fois, que la solidarité en ligne peut faire bouger les lignes rapidement.

Pourquoi Thomas, 20 ans, est en garde à vue ?

Si Léa, Margaux et Clément vont pouvoir rentrer chez eux sans encombre judiciaire, la situation est bien différente pour Thomas. À 20 ans, il est le seul adulte de la bande. Et aux yeux de la loi, cela change tout.

Le parquet de Laon n’a pas tardé à réagir. Le jeune homme a été placé en garde à vue pour « soustraction de mineur sans fraude ni violence ». C’est un terme juridique un peu barbare, mais qui traduit une réalité simple : en tant qu’adulte, il n’avait pas le droit d’emmener des mineurs loin de leurs parents sans l’accord de ces derniers, même si les adolescents étaient volontaires pour partir.

À partir du moment où des mineurs partent avec un majeur contre la volonté des parents, même s’il n’y a pas de violence, on parle de soustraction de mineurs à l’autorité parentale.

Ce que risque le conducteur

C’est là que le « road trip » entre amis tourne au scénario catastrophe pour le jeune conducteur. La justice ne prend pas ce genre d’affaire à la légère. Le code pénal est strict : pour avoir soustrait ces adolescents à l’autorité de leurs parents pendant une semaine, Thomas encourt des sanctions lourdes.

  • Une peine de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.
  • Une amende salée de 75 000 euros.

Les suites pénales seront décidées ce vendredi, une fois que les auditions auront permis de comprendre les motivations exactes de ce départ précipité. Voulaient-ils passer la frontière ? Fuyaient-ils quelque chose de précis ? Les enquêteurs vont devoir démêler le vrai du faux.

Pour l’heure, le soulagement prédomine, mais cet événement rappelle une règle d’or souvent oubliée : quand on est majeur, la responsabilité vis-à-vis des copains mineurs n’est pas qu’une question de morale, c’est aussi une question de loi.

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