Bébé tué au Destop : 30 ans de prison pour Myriam Jaouen

La justice a finalement tranché dans l’une des affaires les plus sombres de ces dernières années. Myriam Jaouen, ancienne employée de crèche, a été condamnée en appel ce vendredi 30 janvier 2026 à une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de la petite Lisa.
bebe destop

L’intention de donner la mort enfin reconnue

C’est un tournant majeur pour les parents de la victime. En première instance, l’accusée avait écopé de 25 ans de prison, les jurés n’ayant pas retenu l’intention de tuer. Mais la cour d’assises de l’Ain a cette fois été plus sévère, suivant les réquisitions de l’avocat général. La qualification de meurtre a été confirmée : pour la justice, Myriam Jaouen a « consciemment tué » l’enfant de 11 mois en lui administrant une dose massive de Destop.

Le verdict est assorti d’une période de sûreté de 15 ans. Pour les parents de Lisa, Fabio et Sophie, c’est la fin d’un combat judiciaire épuisant. Leur avocate, Me Catherine Bourgade, a décrit un sentiment de « soulagement » malgré une douleur qui reste « indescriptible ». La famille voulait que la justice reconnaisse que cet acte n’était pas un simple dérapage, mais un geste volontaire et mortel.

Quatre heures de souffrances « extrêmes »

Le récit des faits, survenus en juin 2022 dans une micro-crèche à Lyon, reste insoutenable. Lisa est décédée après quatre heures d’une agonie qualifiée d' »extrême » par les médecins. L’autopsie et les témoignages d’experts ont révélé que le produit, un déboucheur à base d’acide sulfurique, avait été versé directement dans la bouche de l’enfant. Selon les médecins, il a fallu maintenir fermement la tête de Lisa en arrière pour l’obliger à ingérer une telle quantité de liquide corrosif.

À la barre, l’ancienne employée de 27 ans a maintenu sa version : elle aurait agi pour « faire arrêter de pleurer » le bébé, sans vouloir sa mort. Elle affirmait ignorer la dangerosité du produit ménager. Un argument balayé par les enquêteurs et les psychiatres : non seulement la formation en CAP petite enfance alerte sur ces risques, mais l’accusée a surtout mis en place une mise en scène macabre pour masquer son crime.

Un mensonge structuré et une mise en scène glaciale

Ce qui a lourdement pesé dans la condamnation, c’est le comportement de Myriam Jaouen juste après les faits. Alors que la petite Lisa agonisait, l’employée a inventé un accident impliquant de la peinture gouache. Elle est allée jusqu’à badigeonner son propre pantalon pour accréditer sa thèse et a menti pendant quinze minutes aux médecins du centre antipoison, retardant ainsi toute prise en charge efficace.

Une femme capable de maintenir la tête d’un bébé et de lui dire : « Prends ça, mange et tais-toi ! » ne peut pas être excusée.

Malgré les rapports psychiatriques décrivant une personnalité « immature » ou « infantile », les experts ont écarté toute abolition du discernement. Le calme olympien avec lequel elle a élaboré son « récit mensonger structuré » a fini de convaincre les jurés. Pour les parents, qui appelaient la cour à se concentrer sur « le monstre » plutôt que sur les failles globales des crèches privées, ce verdict marque une étape nécessaire vers l’apaisement.

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