Une nouvelle vie en France
Arrivé en France en 2016, Haroon pose ses valises en Alsace après un parcours semé d’embûches. C’est lors d’une rencontre décisive avec la famille de sa future épouse, amateurs de vin, que son destin bascule. Poussé par une soif de connaissances, il s’inscrit au lycée viticole de Rouffach pour obtenir un BTS viticulture-œnologie, renforçant ainsi son savoir-faire dans l’art de la vinification.
C’est grâce à des mentors, comme Stéphane Bannwarth et Isabelle Kuntzmann, qu’Haroon accède au Conservatoire des cépages oubliés de l’abbaye de Marbach. Là, il découvre plus de 60 cépages alsaciens abandonnés, interdits à la vinification depuis 1945. Avec détermination, Haroon se lance dans la renaissance de ces variétés anciennes comme le noah et le riesling bleu.
Sous la tutelle de ses mentors, Haroon Rahimi crée trois cuvées originales : Noah, La Lune rose et H’wwah, cette dernière signifiant « vivant » en hébreu. Ces vins, natures et marqués par une macération prolongée, sont une invitation au voyage, alliant la richesse des cépages alsaciens oubliés et les influences de son Afghanistan natal. « J’ai voulu mettre l’Afghanistan dans mes bouteilles », explique Haroon avec émotion.
À seulement 27 ans, Haroon Rahimi est en passe de devenir une figure incontournable de la viticulture en Alsace. Son travail au conservatoire de l’abbaye de Marbach témoigne non seulement d’une revitalisation des cépages oubliés, mais aussi d’un pont culturel entre son pays d’origine et son pays d’adoption. Ses vins, atypiques et audacieux, offrent un regard nouveau sur le patrimoine viticole alsacien.
L’histoire d’Haroon Rahimi est celle d’une résilience et d’une passion sans limite. Il prouve que les racines, qu’elles soient humaines ou végétales, peuvent toujours être redécouvertes et célébrées.