L’imbroglio administratif d’une vie
Avant de devenir un objet de commentaire pour le patron de Tesla, Audrey Morris vivait un véritable cauchemar administratif. Âgée de 19 ans, cette citoyenne américaine réside à Aarhus, au Danemark, depuis qu’elle a 9 ans. Elle y a suivi sa mère, venue poursuivre un doctorat. Si sa mère et son frère ont pu régulariser leur situation, Audrey s’est retrouvée dans une impasse.
Son statut « d’enfant accompagnant » ayant expiré, elle a frôlé l’expulsion pure et simple. Si elle a finalement réussi à arracher un permis de résidence de 10 ans in extremis, la nationalité danoise lui reste refusée. Une situation précaire et injuste pour celle qui a grandi dans le pays scandinave, et qui a fait le tour des médias américains.
La « jurisprudence » Elon Musk : être jolie suffit

C’est en découvrant cette histoire qu’Elon Musk a décidé d’intervenir. Mais au lieu de pointer du doigt les incohérences de l’administration ou de saluer l’intégration de la jeune femme, il a choisi un angle d’attaque… très personnel. Dans un tweet qui a depuis été supprimé, il a déclaré :
« Toute personne qui atteint un 8 ou plus en termes d’attirance physique devrait bénéficier d’une exception. »
Le message était accompagné d’un émoji « mort de rire », comme pour souligner la légèreté du propos. Pour Elon Musk, le débat ne porte donc pas sur le droit du sol ou le mérite, mais sur une échelle de beauté subjective où un « 8/10 » donnerait droit à un passe-droit migratoire.
La réponse cinglante de l’étudiante
Loin d’être flattée par ce « soutien » d’un nouveau genre, Audrey Morris a réagi avec beaucoup de recul et de maturité. Interrogée par le média américain The Daily Beast, elle a qualifié la remarque de « complètement dingue ».
Ce qui la choque ? Que l’homme le plus riche du monde réduise son existence et son droit de vivre au Danemark à la couleur de ses cheveux et à ses traits. « Depuis le début, dès que mon affaire a été rendue publique, tout a tourné autour des apparences et du fait que je suis blonde et blanche », déplore-t-elle. Elle avoue ne pas être surprise par la teneur du message, mais reste « sidérée » que cela vienne d’une personnalité aussi influente.
« Regardez ce que j’ai accompli »
Audrey Morris ne manque pas de rappeler qu’elle n’est pas qu’une image. Elle aurait préféré qu’Elon Musk utilise sa plateforme gigantesque pour mettre en lumière son dossier scolaire brillant ou son engagement bénévole local. « Ça aurait été vraiment génial s’il avait dit quelque chose comme : Regardez tout ce qu’elle a accompli dans le milieu universitaire », regrette-t-elle.
Lucide, elle admet toutefois que ce buzz, aussi gênant soit-il, a le mérite de braquer les projecteurs sur sa situation administrative complexe. Mais à quel prix ? Celui d’être réduite à une note sur 10 sur le réseau social le plus influent de la planète.








