Une vidéo d’une violence décomplexée
La scène, diffusée ce dimanche 21 décembre 2025, se serait déroulée dans le quartier de Châtelet-Les Halles à Paris. On y voit l’influenceur commenter un contrôle de police en cours. Les propos, tenus en arabe et traduits par plusieurs sources, sont sans équivoque.
Mahdi B. commence par proférer des insultes homophobes envers un agent en train de procéder à une fouille : « Ils lui font des attouchements, c’est un pédé ce policier ». L’agression verbale monte rapidement d’un cran lorsque l’influenceur s’adresse à l’un de ses camarades présents sur place : « Vas-y, frappe le policier, frappe-le avec ta ceinture ! ».
L’invective ne s’arrête pas là. Une policière est qualifiée de « pute » par un autre individu présent sur la vidéo, tandis que Mahdi B. conclut par une attaque directe contre les institutions : « Nique l’État ».
Un profil multirécidiviste déjà condamné pour apologie du terrorisme
Ce n’est pas la première fois que Mahdi B., connu sous le pseudo mahdiberrai2, défie les lois de la République. En janvier 2025, il avait été condamné en comparution immédiate à huit mois de prison ferme par le tribunal de Bobigny. Le motif ? Apologie du terrorisme.
Dans une précédente vidéo, il avait banalisé les attentats et évoqué le retour du terrorisme ainsi que la « pose d’une bombe à La Défense ». Même incarcéré à la prison de Villepinte, il aurait continué à produire du contenu illégal depuis sa cellule, mentionnant notamment l’usage de kalachnikovs. Plus récemment, en juin 2025, il avait été interpellé au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot pour avoir réitéré ces délits en détention.
L’impasse diplomatique : pourquoi est-il encore en France ?
La question brûle les lèvres de nombreux observateurs : comment un individu condamné, fiché et sous OQTF peut-il se filmer librement en plein Paris ? La réponse réside dans un blocage diplomatique. Selon une source proche du dossier, Mahdi B. a été libéré du centre de rétention il y a environ un mois car l’Algérie a refusé de délivrer le laissez-passer consulaire nécessaire à son expulsion.
Cette situation d’impunité semble amuser l’intéressé. D’après des sources policières, l’influenceur n’hésitait pas à narguer les agents du CRA en se vantant de « gagner mieux sa vie qu’eux » grâce à ses activités sur TikTok.
Colère des syndicats policiers et signalement Pharos
Face au tollé, le ministère de l’Intérieur a réagi en signalant la vidéo sur la plateforme Pharos, qui traite les contenus illicites en ligne. L’objectif est de vérifier la légalité du contenu et d’obtenir son retrait des réseaux sociaux.
Une réponse jugée bien trop timide par les syndicats de police, qui dénoncent l’impuissance de l’État.
« On constate l’impuissance de l’État, avec un individu qui est en situation irrégulière, qui menace le pays et qui reste malgré tout sur le territoire. »
Pour Linda Kebbab, du syndicat Un1té, la situation est « inacceptable » : « Apologie du terrorisme à la chaîne, OQTF, incitation à la violence… Et la réaction ministérielle c’est : on va faire un signalement Pharos ». De son côté, Éric Henry (Alliance Police Nationale) pointe du doigt la problématique diplomatique qui dépasse le terrain policier : « C’est au plus haut niveau de l’État avec les autorités algériennes que cela se décide ».








