C’est la douche froide pour tous ceux qui espéraient une insertion professionnelle fluide. Selon les derniers chiffres de l’Insee publiés ce mercredi 13 mai, le taux de chômage national a franchi le seuil symbolique des 8,1 %, son plus haut niveau depuis 2021. Mais derrière ce chiffre global, c’est la jeunesse qui trinque le plus durement.
Avec un taux qui culmine à 21,1 %, plus d’un jeune actif sur cinq est aujourd’hui sur la touche. Si l’on compare à l’année dernière, la hausse est de 2 points. Un constat amer qui souligne la fragilité de cette tranche d’âge face aux soubresauts de l’économie et aux révisions administratives récentes.
Une hausse mécanique boostée par la loi Plein Emploi
Paradoxalement, une partie de cette augmentation n’est pas due à des licenciements massifs, mais à un changement de règles. Depuis janvier 2025, la loi pour le plein emploi a bouleversé la manière dont on compte les demandeurs d’emploi.
- Inscription automatique : Désormais, les bénéficiaires du RSA et les jeunes accompagnés par les Missions Locales sont inscrits d’office à France Travail.
- Sortie de l’ombre : Des profils qui étaient autrefois « inactifs » entrent mécaniquement dans les statistiques du chômage.
- Effet statistique : L’Insee estime que ces nouveaux publics contribuent pour près de la moitié de la hausse observée.
« Les publics visés par cette loi ont pu activer des recherches d’emploi et donc entrer dans les chiffres du chômage », explique Vladimir Passeron, chef du département de l’emploi à l’Insee.
Le spectre d’une génération sacrifiée ?
Au-delà de la méthode de calcul, la réalité du terrain reste compliquée. Les experts notent un « pessimisme des entreprises » concernant leurs embauches pour 2026. Seuls 9 % des patrons prévoient d’augmenter leurs effectifs dans les douze prochains mois, selon les Chambres de commerce et d’industrie.
Pour vous, qui cherchez un premier job ou un CDI, la barre est de plus en plus haute. Les entreprises, refroidies par l’instabilité internationale et un ralentissement de la croissance (un PIB quasiment nul au premier trimestre), préfèrent souvent geler leurs recrutements de profils juniors, jugés plus risqués.
Autre point noir : les NEET (ceux qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études). Leur nombre augmente de nouveau pour atteindre 13,1 % des 15-29 ans. C’est près de 1,5 million de personnes qui semblent déconnectées du système scolaire et professionnel.
Plein emploi : le mantra de Macron s’éloigne
Emmanuel Macron s’était fixé un objectif de 5 % de chômage d’ici la fin de son second mandat en 2027. Aujourd’hui, avec une courbe qui remonte vers les 8,1 %, cet horizon paraît totalement inatteignable pour les observateurs. La France ne crée tout simplement pas assez d’emplois pour absorber l’arrivée des nouveaux jeunes sur le marché.
- Démographie dynamique : Contrairement à nos voisins, la population active française augmente, ce qui demande une création de postes massive.
- Retraites : Le recul de l’âge de départ raréfie les postes qui se libèrent par rotation naturelle.
- Concurrence : Le secteur industriel souffre face à la compétition asiatique, limitant les opportunités en usine ou en logistique.
Le ministère du Travail tente de relativiser en soulignant que le taux d’emploi reste proche de son plus haut historique. En clair : il y a plus de gens qui travaillent, mais il y a aussi beaucoup plus de gens qui veulent travailler sans y parvenir.
















